Femmes

Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /2008 00:27

La rubrique « Coup de sang » de Libération du 15 mai s’intéresse à une journée d’étude au Sénat sur « la Ve République au Parlement » organisée par le Comité d’histoire parlementaire et politique. Le quotidien signale une lettre ouverte de Laurence Rossignol, secrétaire nationale du parti socialiste, à Christian Poncelet, dans laquelle la chargée du droit des femmes du PS interpelle le Président du Sénat : « Dix-sept hommes sur dix-sept orateurs. Pas une seule femme n’y interviendra ! Ce n’est pas si fréquent, en ces temps de parité ! On serait presque tentée de saluer la performance !». Pour Libération, « comble du ridicule, une table ronde est intitulée Le Parlement, miroir de la société française». Et de citer Laurence Rossignol : « les femmes portent des pantalons, conduisent des voitures, font des études, travaillent, revendiquent et progressent vers l’égalité […] Quelques-unes parviennent même à se faufiler sur les bancs de votre Assemblée ». La socialiste propose enfin à Christian Poncelet un autre thème : « Les colloques au Sénat, miroir de la misogynie du monde politique et universitaire ».

Par Christine Burtin Lauthe - Publié dans : Femmes
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Samedi 5 avril 2008 6 05 /04 /2008 17:44

 

 

Lors de sa création, le gouvernement Sarkozy avait étonné par le nombre et la diversité des femmes qui le constituaient. J’avais signalé alors, qu’au même moment, le Secrétariat à la Condition féminine et à l’Egalité avait été supprimé (il existait depuis 30 ans) et qu’avait été rattaché au Ministère du Travail et placé sous l’égide de la Solidarité, un Service aux droits des femmes et à l’égalité . Ce 1er acte nous avait mis la puce à l’oreille !

 

Jusqu’alors, les délégations aux droits des femmes et à l’égalité étaient rattachées aux services du Préfet et leurs actions pouvaient se faire de façon transverse et proche du terrain.

Les « grandes réformes » sarkozistes semblent vouloir modifier cet situation. Le texte qui suit nous alerte sur ces réformes qui, sous prétexte d’économie et de « modernisme », vont démanteler ce Service et lui faire perdre son efficacité et sa pertinence.

Je redis ce que je disais après les élections présidentielles : des femmes dans un gouvernement, rien de plus normal mais elles ne doivent pas servir d’alibi, d’écran de fumée à un gouvernement qui de cette façon cacherait son machisme et sa politique conservatrice. L’Egalité femme-homme n’est pas encore atteinte, loin de là. Le travail de terrain doit continuer dans toutes les sphères de la société et d’une façon transverse dans tous les ministères de crainte de régresser et par exemple, de nous retrouver les bons derniers de l’Egalité femme-homme dans l’Union Européenne.

Manifeste pour une politique cohérente et durable d’égalité entre les femmes et les hommes

Par Christine Burtin Lauthe - Publié dans : Femmes
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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /2008 00:45
undefined Voici le texte que j'ai lu la semaine dernière à l'occasion de la journée internationale des femmes, sur le marché de Tonnerre.
L'entre-deux-tours a été chargé, et c'est donc maintenant,
entre le retour à la "vie active" (comme si notre campagne n'avait pas été active!...) et le soutien aux autres candidats, que je vous donne ce texte, à ceux qui l'ont entendu ce samedi et aux autres.

 

En ce 8 mars 2008, Journée Internationale des Femmes,

Faisons entendre notre voix avec des millions d’autres femmes qui revendiquent l’Egalité comme un Droit et non comme une concession !

Les inégalités femme/homme persistent : alors que les femmes représentent 51% de la population, partout elles sont en minorité. Elles sont en plus grand nombre là ou les situations sont précaires.

Au travail,

  • les femmes ont un taux de chômage supérieur de 2 points par rapport aux hommes (11 -9)

  • Elles représentent 82% des travailleurs à temps partiel

  • Dans le privé, elles ont un salaire brut annuel moyen inférieur de plus de 19% à celui des hommes

  • Les femmes retraitées perçoivent une retraite inférieure de 38% de celle des hommes, reflet de l’écart des salaires et plus des 2/3 des bénéficiaires du minimum vieillesse sont des femmes.

Les vieux clichés ont la vie dure : salaire de femme = salaire d’appoint. Et pourtant, 80% des chefs de familles monoparentales sont des femmes.

Chacune et chacun, à notre niveau, nous devons faire respecter les lois sur l’équité salariale. Nous devons développer les modes d’accueil des jeunes enfants et les diversifier afin de permettre aux femmes d’avoir une activité professionnelle. Et nous devons renforcer l’information et la formation qui inciteront les filles et les femmes à s’orienter vers des secteurs d’activités « non habituellement féminins » mais facteurs d’emploi.

 

Faisons en sorte que les femmes entrent durablement dans les lieux de décisions politiques

Que ce soit au niveau national ou local, la part des femmes parmi les élus varie mais est toujours minoritaire. Alors que les femmes représentent 52% de l’électorat,

  • Elles ne représentent que 18% des députés, 11% de l’ensemble des maires et dans l’Yonne, 10% des Conseillers généraux.

Fiefs machistes et bien gardés, ces lieux de décisions et de pouvoir où les femmes sont encore trop peu représentées, doivent s’ouvrir à la parité et à la cogestion femme/homme. Pour cela, les lois sur la parité doivent être respectées par tous les Partis politiques. Des formations à la « Vie et à l’engagement citoyen » doivent être proposées aux jeunes filles et aux femmes afin qu’elles osent prendre leur place dans tous les lieux de décisions de notre République.

 

Faisons valoir nos valeurs de Solidarité, d’Egalité, de respect des personnes et de progrès pour tous

Qu’elles subissent la violence ou la pauvreté, le chômage ou la précarité, les femmes en 2008 continuent d’être en première ligne des inégalités et des injustices.

  • Une femme meurt tous les trois jours, des suites de violences au sein du couple.

  • Près de 60% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté sont des femmes.

  • Quotidiennement, les femmes consacrent toujours deux fois plus de temps aux tâches domestiques que les hommes et subissent « la double journée de travail ». 

 

Nous devons nous mobiliser et nous engager, citoyens et citoyennes, hommes et femmes élus, à œuvrer à la mise en place de politiques locales d’égalité et de respect des droits pour les femmes en matière de santé, d’accès aux services publics, de fourniture d’hébergement aux femmes victimes de violence, d’accès à la formation et à l’emploi.

 

Pour que ce 8 mars 2008 soit synonyme d’espoir et de progrès pour les droits des femmes,

 

Dimanche 9 mars, Votons ! Et surtout VOTONS POUR QUE CA BOUGE.


(35% des Tonnerrois-es ont voulu le lendemain que les choses changent, ce qui n'est pas suffisant pour pouvoir permettre à nos idées de progrès et de dynamisme de représenter le canton au Conseil général, mais bien assez pour nous encourager tous à continuer notre action au quotidien, auprès de nos concitoyens, pour trouver et mettre en oeuvre les solutions nécessaires)



Par Christine Burtin Lauthe - Publié dans : Femmes
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Mardi 5 février 2008 2 05 /02 /2008 10:28
undefined Une commentaire et une analyse d'Elaine Audet, créatrice et rédactrice du site féministe Sisyphe à propos de la candidature d'Hillary Clinton à la désignation démocrate pour la course à la Maison Blanche.
A lire en ce jour de Super Tuesday.

Les droits des femmes sont des droits humains", affirmait Hillary Rodham Clinton lors de son célèbre discours à la Conférence des Nations Unies sur les femmes à Pékin en 1995. Il y a consensus sur sa volonté d’améliorer l’existence des femmes et des enfants, de lutter contre les diverses formes d’inégalité et de violence qu’elles subissent dont la pauvreté endémique, de créer un système de santé universel, son action constante auprès des enfants défavorisés et sa lutte déterminée pour l’octroi de subventions substantielles pour l’éducation universitaire des filles. On louange son intelligence, sa force, son endurance, son expérience et sa capacité d’exercer le pouvoir, mais on hésite pourtant à voter pour elle parce que, à l’instar de tous les candidats, sauf Obama, elle a voté pour l’invasion de l’Irak, a appuyé la politique d’Israël sur la Palestine, la guerre au Liban et, récemment, le durcissement des mesures contre l’Iran.

On aurait aimé, comme femme et progressiste, qu’elle ait le courage de se tenir debout face au complexe militaro-industriel et à la peur entretenue par l’administration Bush et à sa définition démagogique du patriotisme et des intérêts du peuple américain. Les critiques les plus dures viennent surtout des misogynes et des femmes. C’est sans doute à sa capacité de rallier les femmes et de neutraliser les attaques misogynes qu’elle devra sa victoire ou sa défaite, en tenant compte que son programme diffère peu de celui d’Obama, que ce soit sur la défense de l’économie de marché et de l’entreprise, le libre-échange, la santé, l’aide sociale, la politique étrangère, l’immigration, l’écologie, le mariage gay (contre le mariage et pour l’union civile) ou sur le consentement unanime de tous les candidats au maintien de la peine de mort. Tous les deux veulent réparer le gâchis causé par l’administration Bush, mieux répartir les revenus et lutter pour diminuer l’effet de serre, promouvoir un développement durable et des emplois "verts". C’est sur sa connaissance exceptionnelle des affaires de l’État, son sens de la politique et son engagement envers les femmes que Hillary Clinton se démarque le plus des autres candidats.

La discrimination sexuelle

Depuis trente-cinq ans, l’actuelle sénatrice de New York lutte pour les droits des femmes. Dans son discours à la conférence de Pékin, elle affirmait :

"Quand des nouveaux-nés se voient refuser la nourriture, sont noyés ou étouffés, quand on leur brise les reins parce qu’ils sont nés filles, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand les femmes et les filles sont contraintes à l’esclavage ou à la prostitution, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand les femmes sont aspergées d’essence et brûlées vives parce qu’on juge leur dot insuffisante, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand des femmes sont violées dans leur communauté, quand des milliers d’entre elles le sont par volonté politique ou comme butin de guerre, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand, dans le monde entier, la principale cause de décès chez les femmes de quatorze à quarante-quatre ans est la violence à laquelle elles sont soumises dans leur propre foyer, de la part des membres de leur propre famille, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand des jeunes filles subissent des mutilations génitales, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand des femmes n’ont pas le droit de déterminer quelle sera l’étendue de leur propre famille et se voient imposer un avortement ou une stérilisation forcée, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Si l’on doit retenir un message de cette conférence, c’est que les droits de l’homme sont aussi ceux des femmes... et que les droits des femmes sont, une bonne fois pour toutes, des droits de l’homme" (1).

Sur la question de l’avortement, elle a toujours été pro-choix et favorable à ce que l’assurance-maladie couvre la contraception, que l’éducation sexuelle soit bien financée et donnée par des professionnel-les de la santé, que la pilule du lendemain soit disponible sans ordonnance dans les pharmacies. Durant son séjour à la Maison Blanche, elle a contribué à l’adoption du Family and Medical Leave Act.

Son engagement dans la lutte contre la violence sexuelle ne s’est jamais démenti et n’a fait que se radicaliser au fil des années. Avec la procureure générale Janet Reno, elle a participé en 1995 à la création du Bureau sur la violence envers les femmes au sein du Département de la Justice. Aux États-Unis, on considère qu’une fille sur trois sera victime de violence physique de la part de son conjoint au cours de sa vie. Hillary Clinton a appuyé la législation visant à renouveler la loi contre la violence envers les femmes (Violence Against Women Act) afin de rendre plus sévères les peines d’emprisonnement pour les batteurs de femmes récidivistes, de mettre sur pied des stratégies de prévention, de renforcer les centres d’aide aux victimes de viol et d’améliorer la collaboration entre tous les services engagés dans la lutte contre la violence conjugale.

Hillary Clinton s’oppose sans équivoque à la légalisation de la prostitution : "Je crois personnellement que c’est avilissant pour les femmes. J’ai travaillé pour l’abolition de la prostitution et j’ai certainement pris une position très ferme contre le fait que, dans de nombreux pays, des fillettes et des femmes sont forcées d’être prostituées. [...] Quand je serai présidente, je me prononcerai évidemment contre la prostitution et essaierai de persuader les femmes que - même dans un système réglementé - ce n’est pas une bonne façon d’essayer de gagner sa vie. Il faut créer d’autres emplois pour les femmes qui cherchent une façon satisfaisante de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles" (2).

Comme avocate, sénatrice, et lors de son séjour à la Maison Blanche, Hillary Clinton a aussi dénoncé l’écart salarial de 23 cents par dollar entre les hommes et les femmes, et davantage pour les Afro-américaines. Son projet de Paycheck Fairness Act vise à renforcer les pénalités associées à la discrimination salariale, assurer que le gouvernement fédéral relève ses normes et augmente la surveillance des employeurs. Elle a aussi travaillé pour accroître l’accès des femmes au crédit et à l’entrepreneurship.

Le sexisme

Cette excellente feuille de route, qui prouve que la sénatrice Clinton est fort capable d’assumer les plus hautes tâches, semble avoir exacerbé le dépit des misogynes de toutes allégeances et des deux sexes. Au lieu de critiquer ses réalisations, on s’attaque à sa personnalité, à son apparence, et à ses liens personnels de la façon la plus mesquine possible. On critique sa coiffure, son allure masculine ou trop féminine, les tailleurs-pantalons qu’elle porte durant la campagne, ses cuisses, ses rides, son agressivité.

On publie une mauvaise photo de Clinton en demandant qui a envie de voir la progression des rides sur le visage de la future présidente ? D’autres décident de publier d’elle des images pornos, on invente même un casse-noisettes avec le visage et le corps d’Hillary dont les cuisses servent à broyer les noix, un jeu vidéo qui met en scène des prostituées avec son visage. Bernard Henri-Lévy imagine Hillary "dans le bureau oral". Le sexisme n’a pas de frontière, comme on le voit. On ravive l’image du vagin denté. "Repasse ma chemise", peut-on lire sur les pancartes brandies par des hommes lors d’une assemblée de H. Clinton. Quelle aurait été la réaction médiatique si on avait affiché devant Obama : "Cire mes chaussures" ?

Quand Hillary Clinton affirme que la politique présidentielle est un "club réservé aux hommes", un professeur d’université réagit aussitôt en affirmant qu’elle venait de démontrer sa "sottise". Devant le front uni des candidats démocrates masculins et leurs attaques virulentes contre Clinton, une de ses partisanes, Geraldine A. Ferraro, candidate à la vice-présidence en 1984, constate que "c’est bien vu dans ce pays d’être sexiste". Cependant, le résultat n’a pas été l’effondrement d’Hillary, mais la démonstration, une fois de plus, de sa force face aux critiques et à l’intimidation.

On lui reproche de jouer la carte du genre, de mettre de l’avant le fait que ce serait extraordinaire qu’une première femme soit élue à la présidence du pays. Mais personne ne blâme Obama et ses partisan-es de miser sur l’avancée incroyable que constituerait l’élection d’un Noir à la présidence. La barre est toujours plus haute quand il s’agit d’une femme et tous les coups sont permis pour défendre la suprématie masculine. Pauline Marois au Québec et Ségolène Royal en France ont aussi fait l’expérience du old boys’ club et de l’hymne à la jeunesse et au changement !

Mais c’est surtout, après sa défaite en Ohio, à la suite de son moment d’émotion, qu’on a entendu les commentaires les plus sexistes. Le candidat John Edwards s’est même demandé si l’émotivité de Clinton lui permettrait d’exercer les fonctions de commandeur en chef. S’est-on jamais interrogé sur les capacités d’un simple acteur de second ordre comme Ronald Reagan d’exercer ce rôle, alors que la force de caractère et l’expérience politique de la sénatrice Clinton auraient dû la mettre à l’abri de telles remarques.

Certains verront dans la manifestation de ses sentiments une simple ruse de sa part pour attendrir l’électorat féminin et diront que sa victoire au New Hampshire, grâce au vote des femmes, leur donne raison. D’autres répètent qu’elle n’est qu’une femme comme les autres accrochée aux basques de son mari qu’elle n’a pas eu le courage de quitter après l’affaire Lewinski. Camille Paglia, qui ne manque jamais une occasion d’exprimer son anti-féminisme, traitera Clinton de féminazie (comme les masculinistes traitent les féministes). Rien de moins ! Comme quoi certaines femmes savent s’illustrer même dans la misogynie.

D’un même souffle, on lui reproche d’être froide, antipathique et carriériste. Trop émotive ou pas assez. Rien de ce qu’elle fait ne peut les satisfaire, même si elle a gagné haut la main deux élections au sénat dans l’État de New York, même si les analystes lui reconnaissent une intelligence et une détermination hors de l’ordinaire. On a même créé un site spécialement pour l’attaquer, intitulé Citizen United Not Timid ou C.U.N.T. (CON). Réduire une femme à son sexe ou à son corps n’est pas nouveau, un des grands hebdomadaires français a mis en page couverture, pour le centenaire de Simone de Beauvoir, une photo de la philosophe nue. Ces insultes misogynes contre la candidate démocrate sont en réalité des attaques contre toutes les femmes et ont pour but, comme la violence sexuelle, de les remettre à leur place.

En bout de ligne, on reproche à Hillary Clinton de ne pas ressembler à l’image stéréotypée de LA femme. Elle est indépendante, active, ambitieuse et, comme son héroïne Eleonor Roosevelt, elle n’a jamais été le simple valoir de son mari président. Ses adversaires ne comprennent pas qu’elle accepte l’aide de ce dernier dans sa campagne, alors qu’il ne fait que lui rendre ce qu’elle a fait pour lui lors de ses propres campagnes et durant ses deux mandats à la présidence. Quelles que soient les failles de ce couple, il semble exister entre Hillary et Bill Clinton une égalité qu’on retrouve rarement dans le milieu politique et l’ensemble de la société. N’est-ce pas la peur que les femmes acquièrent de plus en plus l’autonomie et la confiance en soi d’Hillary - qualifiée d’arrogance par certains - qui provoque ce dépit hargneux ?

Les femmes

Dans cette campagne, on peut constater à quel point certaines femmes sont intransigeantes et impitoyables envers Hillary Clinton. C’est la perfection ou la poubelle. Plusieurs femmes la jugent à l’aune de leurs propres engagements, réussites, échecs, désirs, blessures. Beaucoup refusent d’admettre l’importance que l’élection d’une femme comme elle à la présidence aurait pour toutes les femmes.

Pourquoi les femmes ne l’évaluent-elles pas sur l’ensemble de ses réalisations et de son programme actuel au lieu de la réduire à son seul vote pour l’invasion en Irak, il y a six ans, et à ses liens avec son mari ? N’y a-t-il pas une sorte d’irrationalité et de sexisme bien intégré à rejeter une personne aussi qualifiée que H. Rodham Clinton pour son apparence, parce qu’on ne la trouve pas sympathique (likable) ou qu’elle manquerait de charisme ?

Dans son autobiographie, "Mon histoire", Hillary Clinton raconte que la politique élimine petit à petit toute spontanéité parce qu’il faut toujours penser comment chaque geste ou chaque déclaration sera perçue et quelles en seront les conséquences. Il ne s’agit plus d’émettre une opinion ni d’être simplement naturelle, mais d’être à la hauteur des engagements qu’on a pris.

Pour la féministe Gloria Steinem, "le genre est probablement l’élément le plus restrictif de la vie américaine, qu’il s’agisse de déterminer qui doit être dans la cuisine et qui peut être à la Maison Blanche. Ce pays est en bas de liste des pays qui élisent des femmes et, selon une étude, il polarise les rôles sexuels plus que la moyenne des démocraties." Elle explique que si on ne prend pas la barrière du genre au sérieux, c’est "parce que tout ce qui concerne les hommes semble plus sérieux que quoi que ce soit en rapport "seulement" avec la moitié féminine de l’humanité, parce que les enfants continuent à être élevés principalement par des femmes (c’est le moins que l’on puisse dire), alors les hommes ont l’impression de retourner en enfance quand ils ont affaire à une femme forte (3)."

Steinem votera pour la sénatrice de New York "parce qu’elle a de l’expérience dans l’organisation communautaire, parce qu’elle a aussi plus d’années de pratique au sénat, un entraînement sans précédent de huit ans à la Maison Blanche, aucune virilité à prouver, la possibilité de faire jaillir par son exemple un immense réservoir de talents dans ce pays, et parce qu’elle a eu le courage de briser le tabou sur l’émotion en politique".

Il y en a qui invoquent l’exemple de Margaret Thatcher pour rejeter la candidature d’Hillary Clinton à la présidence et justifier leur préférence pour Barrack Obama. Est-ce à dire qu’on ne devrait plus voter pour un homme parce qu’il y a eu George W. Bush ? La sénatrice de New York a montré l’intérêt prioritaire qu’elle accorde à la lutte contre les inégalités sociales et la discrimination sexuelle. Elle a toujours su s’entourer de femmes de valeur et promouvoir l’accès au pouvoir de ses semblables. Comme elle l’a dit devant un auditoire de 1000 jeunes femmes enthousiastes à son Alma Mater de Wellesley : "Il y a toujours de la peur en nous, mais nous n’avons pas le temps de nous en occuper, pas maintenant. Alors, relevons nos manches et mettons-nous au travail ensemble. Nous sommes prêtes à faire éclater le plus haut plafond de verre (4)."

Beaucoup de femmes ont répondu à cet appel d’Hillary Clinton. Elle peut compter sur l’appui de la plus grande organisation de femmes aux États-Unis, NOW, et de féministes de différents courants de pensée comme Robin Morgan, Gloria Steinem, Susan Faludi, Katha Pollitt, Erica Jong, et d’autres moins connues. Dans un article passionné, Robin Morgan, auteure de Sisterhood is Powerful et de The Anatomy of Freedom, écrit :"Les femmes âgées sont le groupe qui ne devient pas plus conservateur avec l’âge - et nous sommes la génération des radicales qui ont dit : ’Les femmes bien élevées font rarement l’histoire’. Adieu, nous ne partirons pas gentiment après un beau bonsoir et quel que soit l’homme qui nous le souhaite. Nous sommes les femmes qui ont changé la réalité des États-Unis. Et même si nous ne sommes jamais parties, tenez-vous bien, nous sommes de retour (5)."

Notes

1. Hillary Clinton, Mon histoire, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2003.
2. Anjeanette Damon, "Clinton : On prostitution, sports betting and the politics of a rock star", RGJ.com, 29 avril 2007.
3. Gloria Steinem,
"Sexism, Racism : Which Is More Taboo ?", New York Times, 14 janvier 2008.
4. Susan Faludi,
"Hillary Auditions to Be a Feminist John Wayne", Alternet, 15 novembre 2007.
5. Robin Morgan,
" Goodbye To All That (#2)", Women Media Center, 2 février 2008.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 4 février 2008.

Par Christine Burtin Lauthe - Publié dans : Femmes
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Mercredi 14 novembre 2007 3 14 /11 /2007 11:02
couverture.jpg Un article paru au Québec dans le "Journal de la Rue":

Entre libération et aliénation sexuelle
Claire Gaillard, Volume 16 no 1. Octobre 2007

Aux traditionnelles séances d’aérobie, certaines femmes préfèrent aujourd’hui les cours de striptease et de danse érotique qu’elles jugent plus stimulants et tout aussi efficaces. Dans la même veine, les réunions tuperware ont été délaissées au profit de partys sex-toys. Ce qui était considéré comme des pratiques marginales est maintenant à la portée de tous ceux et celles qui voudraient pimenter leur vie sexuelle et personnelle. La forte médiatisation de ces attitudes et la prolifération des supports pornographiques les ont érigées en modèles de référence. Un pas en avant selon certains, deux pas en arrière estiment d’autres.
[...]

Pour lire gratuitement l'article dans son intégralité, allez le consulter à cette adresse.

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Lundi 12 novembre 2007 1 12 /11 /2007 00:54
Les « quotidiennes » de la Tribune de Genève du 7 novembre étaient consacrées une nouvelle fois au féminisme sous un angle décalé et humoristique . Sous le titre « Le féminisme rend les relations amoureuses plus harmonieuses » le quotidien suisse rend compte d’une étude américaine qui démontre que «les partenaires se considérant comme égaux sont plus heureux» et que « les féministes sont sexy ». Selon l’étude, « le féminisme est susceptible d’améliorer la qualité des relations de couple homme-femme». En effet, selon les chercheuses (Laurie Rudman et Julie Phelan Rutgers, de l’Université Rutgers de l’Etat du New-Jersey), «le fait d’avoir un partenaire féministe rend la relation plus satisfaisante pour les femmes. Quant aux hommes, ils font clairement un lien entre le fait d’avoir une partenaire féministe et une relation plus stable ainsi qu’une plus grande satisfaction sexuelle ». Une seconde étude viendra, annoncent elles, étayer ces résultats, mais elles s’avancent déjà : « un homme et une femme qui se considèrent comme des partenaires égaux sont plus heureux. Et resteront donc plus longtemps ensemble ». La Tribune de Genève revient également sur une autre partie de l’étude où Laurie Rudman et Julie Phelan Rutgers ont testé la validité du stéréotype « les féministes ne sont pas sexy » auprès de leurs sondés. Et de conclure que ce n’est pas le cas, en espérant que leurs « recherches aideront les femmes à ne pas craindre de mettre en péril leurs relations amoureuses par leurs convictions féministes »…

Retrouvez le résumé l’enquête sur le site de Science Daily
Bureau de la communication - Service des droits des femmes et de l'égalité. olivier.roche@sante.gouv.fr
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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /2007 18:34
Fémicide au Congo
Le site québécois Sisyphe a mis en ligne un article de Élaine Audet faisant le point sur la situation au Congo. L’auteure cite Stephen Lewis, ancien ambassadeur du Canada à l’ONU et envoyé spécial de l’ONU pour le VIH/SIDA en Afrique, lors d’une conférence à l’Université de Montréal le 9 octobre 2007, pour qui « un véritable fémicide a lieu en ce moment dans la République démocratique du Congo ». Pour Élaine Audet, « on assiste à une barbarie indicible sous l’œil du monde sans que personne n’intervienne ». Et d’expliquer que « ce qui se passe dans l’est du Congo est la continuation du génocide au Rwanda. Des miliciens hutus ont trouvé refuge au Congo, depuis 1994, attirés par ses richesses, et y perpètrent en toute impunité, à la face de l’opinion mondiale, viols, mutilations (…) ». Élaine Audet, qui regrette l’absence de réaction de l’opinion mondiale, recense différents articles parus dans la presse ou sur le web sur ce drame. Elle signale également le film intitulé « The Greatest Silence : Rape in the Congo » de la cinéaste Lisa F. Jackson ou les actions des organisations de femmes congolaises qui luttent sur le terrain, ou de l’Unicef.
Retrouvez l’article sur Sisyphe.org

Des leaders religieux africains contre la pratique de l’excision
Le site Afrik.com annonce que des « leaders religieux d’Afrique réunis (la semaine dernière) à Abidjan dans le cadre du 4ème symposium sur les Mutilations génitales féminines, ont assuré de leur détermination à aller en croisade contre la pratique de l’excision. Ils se sont ainsi engagés à participer à la lutte pour l’abandon total des Mutilations génitales féminines (MGF) sur le continent et partout ailleurs ». Pour Afrik.com, « à la lumière de ce symposium, les leaders religieux ont été convaincus que ni les enseignements chrétiens, ni les enseignements islamiques et ni les traditions authentiques ne font mention des pratiques traditionnelles néfastes en général et des Mutilations génitales féminines en particulier ».
Retrouvez l’article et le dossier excision sur le site Afrik.com
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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /2007 17:30
Politique à l'égard des femmes victimes de violences conjugales

Le site de l’Assemblée nationale a mis en ligne la réponse de la Garde des Sceaux, ministre de la Justice à une question de Christian Vanneste (député UMP du Nord) qui attirait son attention sur « l'augmentation des violences au sein du couple » et souhaitait « connaître les mesures que compte adopter le gouvernement afin de lutter contre les violences faites aux femmes ». La réponse a été publiée au Journal officiel du 23 octobre.
http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-2599QE.htm


Un communiqué de presse de Valérie Létard, secrétaire d’Etat à la Solidarité

Dans un communiqué de presse, diffusé le vendredi 26 octobre 2007, Valérie Létard annonce qu’elle prépare un nouveau plan contre les violences conjugales. Le communiqué dénonce « les violences faites aux femmes comme un fléau national qu’il faut combattre sans fléchir » et assure que « le Gouvernement est déterminé » à s’engager dans cette cause. Après avoir rappelé que, « en France, 1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon » et que « cette situation inacceptable montre combien il est nécessaire de soutenir fortement
les professionnels et les associations spécialisés dans la lutte contre les violences faites aux femmes
», Valérie Létard annonce qu’elle « lancera en novembre un deuxième plan global triennal (2008 - 2010) destiné à renforcer et à élargir la lutte contre les violences faites aux femmes. Ce nouveau plan portera non seulement sur une prise en charge globale des victimes (logement, enfants, emploi, sécurité), mais également sur le suivi des hommes auteurs de violences »

Par Christine Burtin Lauthe - Publié dans : Femmes
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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /2007 00:12
    Chaque jour, lorsque j’ouvre l’Yonne Républicaine, je tombe sur des articles de la rubrique Justice commençant par « prison pour le mari violent » ; ou encore « violences conjugales », « un homme frappe sa concubine », « il saute à la gorge de sa compagne », «frappée et menacée de mort…», « il menace sa femme avec un couteau » !

Je pourrais continuer encore, la liste est longue. À chaque fois, je me dis « Ce n’est pas possible. Qu’est-ce qu’ils ont les gars de l’Yonne pour taper, menacer, violenter leur compagne ? » Vous me direz peut être que c’est partout pareil (et ça ne me rassure pas du tout !), que c’est le journal qui cherche à remplir ses colonnes (la violence conjugale, c’est une réalité !), que je n’ai qu’à regarder ailleurs (ce qui n’empêchera pas qu’en France, en 2007, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint !), ou encore que c’est dû au fait que maintenant les femmes portent plainte (eh oui, des lois ont reconnu ces violences comme des actes criminels).

Je suis aussi assez estomaquée de voir que ces hommes violents ont dans la petite trentaine (éduqués dans une société qui prône l’égalité entre les hommes et les femmes !), qu’ils sont nés ici, en Bourgogne ou ailleurs en France et que de ce fait, ils ont été élevés à l’École de la République et dans un contexte culturel de « Liberté, d’Égalité et de Fraternité » ainsi que dans un contexte de mixité garçons-filles (celle qui doit apprendre dès l’école à se respecter et à se reconnaître différents et complémentaires). Y a-t-il encore des hommes et même des femmes d’ici qui vont m’opposer que parfois, c’est la femme qui l’a cherché (avez-vous déjà regardé les photos de ces femmes « cabossées », tabassées qui viennent porter plainte ? sans parler des traumatismes psychologiques qui eux ne se photographient pas !), qu’elle n’a qu’à s’en aller et divorcer (encore faut-il le pouvoir physiquement, psychologiquement et surtout matériellement!), que c’est dû au milieu (sous-entendu pauvre et/ou étranger : les études montrent que la violence conjugale existe dans toutes les couches de la société, dans tous les milieux et qu’elle est le fait d’un « monsieur tout le monde ! ») ou encore que l’alcool y est pour une grande part (c’est vrai mais pas plus que dans la moitié des cas !)

Alors, me direz-vous ? Que peut-on faire ? Briser le silence et parler, dénoncer. Aujourd’hui, un numéro unique pour les victimes de violences « le 3919 » permet de centraliser les appels et d’apporter des réponses à celles qui y ont recours. Mais il faut avant tout éduquer. C’est ici que se joue notre responsabilité de parent. Éduquer les garçons et les filles au respect d’eux-mêmes et de l’autre, à l’intérêt pour l’autre, à l’ouverture à la différence, à la richesse de la complémentarité, au développement de l’estime de soi.

Protéger les enfants qui risquent d’être témoins de la violence conjugale et qui la subissent directement et indirectement ; protéger les femmes en leur donnant la possibilité de sortir du cercle infernal dont elles sont les victimes puis leur permettre de se reconstruire ; accompagner les hommes violents dans un travail sur eux-mêmes, sur leurs actes et sur leurs comportements. Sanctionner en appliquant la Loi, en rappelant les valeurs d’égalité femme – homme de notre société et en affirmant, par là même, l’intolérable et l’inacceptable de ces actes de violence et de leurs conséquences pour la société.

Par Christine Burtin Lauthe - Publié dans : Femmes
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