Prostitution: un délit inacceptable et retrograde

Publié le par Christine Burtin Lauthe

Prostitution: un délit inacceptable et retrograde

Le Sénat se penche durant 2 jours sur "la loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel". De quoi parle-t-on ?

D'un système à 3 branches : les prostitueurs - proxénètes, pimps, trafiquants d'être humains, mafieux, hommes d'affaires,...- les prostitueurs/clients - père de famille, hommes d'affaires, célibataires, mariés, en couple, vieux, jeunes,...- et les prostitué-e-s - femmes, hommes, jeunes et moins jeunes, mineurs, français, de partout dans le monde,... Donc, quand on se penche sur le système comme l'ont fait les députés en 2013 et le Sénat en 2014, on agit sur plusieurs éléments.

De quoi s'agit-il ? La Loi initiale, proposée en 2013, proposait de pénaliser le prostitueur/client par une amende de 1500 euros. Délit de racolage et de consommation. Délit d'achat d'un être humain. Délit d'exploitation d'une personne vulnérable. Comme l'avaient faits d'autres pays, la France avançait et prenait une orientation qui ciblait le client c'est-à-dire celui qui entretient la prostitution par sa demande et sa "consommation". Toutes les associations dont le Mouvement du Nid applaudissaient et disaient enfin!

Autre avancée : l'abrogation du délit de racolage pour les personnes prostituées. C'est un délit qui concerne surtout la prostitution de rue puisqu'elle amène la personne qui a des activités de prostitution à aborder un client potentiel sur la rue donc de racoler. Donner des amendes, pénaliser c'est renforcer la prostitution puisque la personne devra faire plus d'actes pour s’acquitter de ses amendes. C'est aussi les renvoyer dans des espaces éloignés, dangereux où il ne sera plus possible pour elles et eux d'être protégé-e-s. Donc plus d'insécurité, de violence, d'agression comme le constatent la police et les associations qui les accompagnent.

Le rétablissement du "délit de racolage" c'est un retour en arrière, un aveuglement et une volonté de ne pas entendre la raison et les spécialistes qui tous et toutes affirment qu'on se trompe de cible en visant la personne prostituée. La suppression du projet de pénalisation du client de prostitué-e-s c'est faire du "sur place", rester sourd et aveugle à ce qui se passe réellement dans ce système : sans client, pas de prostitution ! Ça parait simple et pourtant ce ne semble pas être l'orientation suivie. Je le regrette vivement.

Pour lutter contre le système prostitutionnel il faut :

- faire de la prévention auprès des filles et des garçons,

- aider les personnes en grandes fragilité,

- combattre le trafic d'êtres humains et l'exploitation sexuelle,

- pénaliser le prostituer/client,

- aider les personnes à sortir de la prostitution.

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LeSage 19/05/2015 19:39

La pénalisation du client est un principe dénoncé par toutes les associations de terrain, auquel s'oppose la majorité de l'opinion publique (hommes et femmes). On ne fait pas de la politique sans un minimum de pragmatisme.