Ni client, ni complice

Publié le par Christine Burtin Lauthe

Ni client, ni complice

En 2005, résidente au Québec, je menais un travail sur la prostitution de rue dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Cette enquête de terrain est devenu "le Rapport Burtin". C'est à cette occasion qu'Eve Lamont est venue me rencontrer et recueillir mes témoignages.

Avec un groupe de femmes et d'hommes, nous avons créé la Concertation des Luttes contre l'Exploitation Sexuelle - La CLES. Cette OSBL (Organisation sans but lucratif) s'est développée pour devenir l'organisme incontournable en matière de Droits des femmes, de prostitution, d'exploitation sexuelle, etc. au Québec et au Canada.

Aujourd'hui, la CLES relance sa campagne "Ni client, ni complice!" à laquelle je souscris totalement. Je vous invite à participer à cette campagne et à inscrire www.lacles.org dans vos liens.

Montréal, le mercredi 29 avril 2015 – Dans la foulée de la sortie du documentaire Le commerce du sexe de la réalisatrice Ève Lamont, la CLES réactive sa campagne « Ni client, ni complice ! Refusons la banalisation de l’exploitation sexuelle ».

Cette campagne, d’abord lancée dans le cadre de la Journée internationale de non-prostitution, invite hommes et femmes à prendre position contre la banalisation croissante du phénomène social inégalitaire, raciste, sexiste et violent qu’est la prostitution en affirmant qu’ils et elles ne seront « Ni client, ni complice », une affirmation qu’il est possible de faire en partageant l’image de la campagne sur les réseaux sociaux avec le mot clic #NiClientNiComplice ainsi qu’en télé versant un témoignage ou un égo-portrait sur le Tumblr de la campagne.

Le film Le commerce du sexe, nouveau documentaire de la réalisatrice Ève Lamont (L’imposture), constitue une plongée percutante dans l’industrie du sexe tarifé et révèle l’envers du décor d’un nouvel esclavage des temps modernes. Nous sommes convaincues que le film saura sensibiliser le public et favoriser une prise de position contre la pratique inégalitaire qui est à la base de cette industrie, la prostitution.

La CLES profitera de la première du film, à l’Excentris le 1er mai, pour installer un « photomaton » où les cinéphiles pourront être pris-e-s en photo avec le slogan de la campagne ou ses dérivés. Ces photos seront télé versées sur les réseaux sociaux afin de créer un mouvement. « En réalisant cette action toute simple on contre l’idée que l’exploitation sexuelle et la banalisation du commerce du sexe sont des éléments que l’on doit tolérer, affirme Diane Matte, organisatrice communautaire à la CLES. Par-delà les discours lénifiants entourant la prostitution, Ève Lamont a su, encore une fois, ramener à l’avant-scène le vrai discours qui la sous-tend. Nous souhaitons que de plus en plus d’hommes affirment qu’ils ne seront pas clients et que tous et toutes refusent d’être complices en se rangeant du côté des femmes et de l’égalité des sexes plutôt que du côté d’une industrie milliardaire qui profite de l’exploitation d’autrui. Nous savons que beaucoup de gens peuvent se rallier à cette affirmation, voici l’occasion de passer à l’action ».

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