NATIONAL - Le RSA seul ne suffira pas !

Publié le par Christine Burtin Lauthe

 

Avec la rentrée des classes et le retour au bureau des membres du gouvernement, il fallait bien s'attendre à la remise en route de la machine-à-annonces-tonitruantes si régulièrement huilée par notre gesticulant président... Celui-ci étant actuellement bien occupé sur la scène internationale, présidence tournante de l'Europe oblige, ce sont ses auxiliaires qu'il a chargés (temporairement, à l'évidence, personne ne pourra le tenir beaucoup plus longtemps éloigné de nos couvertures de magazines) d'annoncer sa dernière révolution universelle en date, dans le domaine social, une fois n'est pas coutûme.

Et je me demandais qui, de l’UMP icaunaise, allait tirer le premier à propos du RSA. Eh bien, c’est fait : c’est J.P (Bailly) qui s’y colle et avec quel brio ! « Aucun Français qui travaille ne doit gagner moins que s’il ne travaillait pas » Sans rire ! Et pourtant, pour un certain nombre d’entre eux ça fait un moment que ça dure ; mais la droite vient juste d’en prendre conscience, on dirait. Quelle Lapalissade ! Prétendre que Martin Hirsch est le successeur de l’Abbé Pierre, c’est un raccourci, fallacieux de surcroît, qui permet comme d’habitude, de brouiller les cartes et dans ce cas, de servir de sauf-conduit à une politique de gouvernement qui en 2007 donne 15 milliards d’euros aux plus riches grâce au bouclier fiscal et se rachète en 2008 avec le RSA en faisant payer les classes moyennes. Tout cela en ne répondant évidemment pas au problème du pouvoir d’achat et du manque de travail donc du chômage.

Rappelons-nous quand même que toute personne en âge de travailler recherche d’abord un emploi ! Payé normalement et exercé dans des conditions normales. Avoir comme ressources le RMI, l’API, c’est une assistance, une aide, le moyen de survivre avant de retrouver un emploi.

Le RMI à sa création par la gauche était, pour les personnes et les travailleurs sociaux que nous étions, un moyen et un outil pour donner le temps de retrouver un emploi ou de faire un travail d’insertion. Avec le temps, le manque d’emploi et la réduction des moyens de suivi des personnes (l’insertion a besoin de moyens humains et financiers et donc de volonté politique), il est devenu très difficile de sortir du RMI vers l’emploi. Le RSA, que la droite nous présente comme « la » réponse aux « trois millions de travailleurs pauvres », risque lui aussi d’être dans peu de temps une impasse. Si de vrais emplois ne sont pas créés qui remplaceront tous les mi-temps et temps partiels subis ou autres boulots payés au minimum ; SI des embauches ne remplacent pas ces heures supplémentaires, volontaires ou non, que la droite nous vante comme étant la réponse au pouvoir d’achat mais pas à celle du chômage ; SI des moyens en accompagnement ne sont pas fournis aux structures qui devront faire du suivi social et d’insertion ; et SI des formations qualifiantes, des validations des acquis ne sont pas mises en place, par exemple, pour les jeunes et les personnes en API, alors le RSA sera la voie de garage dans laquelle s’engouffreront des femmes et des hommes qui, au départ, ne demandent qu’une chose : tirer des revenus de leur travail.

 

Ne criez pas victoire trop vite, monsieur J.P et autres UMP.

Et surtout, mettez-vous au travail afin que ce RSA soit une vraie réussite, pour tous !

 

 

Publié dans Politique nationale

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