EGALITE - Au Sénat : pour la parité, les Partis doivent mieux faire !

Publié le par Christine Burtin Lauthe

Tout d’abord, BRAVO ! à ceux et celles de gauche qui l’ont emporté sur ceux et celles de droite grâce à l’avancée de la gauche dans les communes, départements, régions en 2008. Vingt sièges en plus pour le PS alors qu’il en espérait tout au plus une dizaine, c’est bon à prendre. D’autant que parmi ceux-là, deux sont des élus bourguignons (F. Patriat, président du Conseil régional et F. Rebsamen, maire de Dijon). Encore BRAVO ! Et pourtant, ce vote laisse un goût amer aux démocrates, aux défenseurs de l’égalité et aux féministes, dont je fais partie. Encore une fois, les intérêts personnels et les stratégies de politique machiste ont pris le pas sur les beaux discours et les belles résolutions. Car, comme le souligne Marie-Jo ZIMMERMANN, rapporteure générale de l'Observatoire de la Parité, présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité entre les femmes et les hommes de l'Assemblée nationale « Neuf ans après la réforme constitutionnelle, inscrivant l'objectif d'un égal accès des femmes et des hommes aux mandats et fonctions électives, force est de constater que dès que la loi ne les contraint pas directement, les partis politiques continuent à adopter des stratégies discriminantes » Les chiffres sont là : avec les 18 sénatrices élues dimanche 21 septembre 2008, le nombre de femmes s'élève désormais à 75 sur 343, soit 21,8 %. Elles étaient 60 sur 330 précédemment, c'est-à-dire 18,2 % (l'Assemblée nationale compte 107 femmes sur 577 après les élections législatives de juin 2007, soit 18,5 %). Et les journaux d’oser affirmer que le Sénat est maintenant rajeuni (le plus jeune est un élu indépendantiste de Polynésie âgé de 34 ans – le doyen élu UMP de l’Essonne âgé de 83 ans) et féminisé. Que diront-ils quand elles seront 50% ou plus ?! FEMINISE ! Cette société se contente de peu ; les femmes se contentent de peu. Toujours les miettes ou les secteurs dont les hommes ne veulent pas et ceci quel que soit le Parti. Bien que ! Marie-Jo ZIMMERMANN précise que « La progression du nombre d'élus à gauche bénéficie, toute proportion gardée, aux femmes : parmi les nouveaux élus on compte 13 élues sur 61 à gauche (soit 21,3%) contre 5 sur 47 à droite (soit 10,6%). Le groupe Communiste Républicain et Citoyen sert seul de modèle en devenant le premier à atteindre la parité, avec 12 femmes et 11 hommes »

La gauche serait-elle plus féministe que la droite ? Ou serait-elle moins machiste ? La droite a-t-elle plus de mal à recruter des femmes ou considère-t-elle que ce n’est pas leur place ? Lorsqu’on étudie le mode de scrutin de ces sénatoriales, on constate que 11 femmes ont été élues en figurant sur des listes, dans les départements élisant 4 sénateurs et plus et 7 seulement y ont accédé par le scrutin majoritaire. Conclusion : les femmes existent, elles s’engagent ; encore faut-il qu’elles soient en position éligible. Les sanctions financières (on l’a vu lors des élections législatives – voir sur ce blog) ne sont pas assez contraignantes et ne dissuadent pas les Partis de jouer au jeu de la discrimination.

Alors ? Une révélation, genre « la Femme est l’Avenir de l’Homme » ! Une volonté politique, à la tête de l’Etat qui se traduise par des faits concrets et non plus des effets d’annonce ! Marie-Jo ZIMMERMANN conclue, dans son communiqué de presse, que « Considérant le comportement récalcitrant des partis politiques à contribuer à la mise en oeuvre du principe paritaire, tel que la constitution les y engage, l'Observatoire de la parité renouvelle donc avec conviction ses recommandations visant à renforcer les contraintes paritaires dans toutes les élections (sans oublier les intercommunalités), afin de permettre de passer d'une égalité de principe à une égalité dans les faits » Pour cela, elle recommande très concrètement « que soit rétabli le mode de scrutin de liste à la proportionnelle, avec obligation de parité, dans les départements élisant trois sénateurs. » Sans une volonté des femmes et des hommes de ce pays de faire que l’égalité femme – homme soit une réalité concrète et quotidienne et qu’elle arrête de se payer de mots, et que cette volonté soit inscrite dans tous leurs choix et dans toutes leurs orientations qu’ils prennent, il n’y aura pas d’avancée significative dans cette société. Une Assemblée d’élus comme le Sénat, composée majoritairement de hobereaux et de caciques du néandertalien, pourra encore longtemps se targuer de « féminisation de son hémicycle » alors qu’elle n’amorce tout juste qu’un rééquilibrage.

 

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