FEMMES - Dans leur ménage, les femmes sont en danger !

Publié le par Christine Burtin Lauthe


Plus de 46% des victimes enquêtées par l’Observatoire national de la délinquance (OND) qui vient de publier son enquête et ses résultats 2008, qui sont âgées de 18 à 60 ans, ont subi au moins un acte de violence physique au sein de leur ménage. La part des hommes et des femmes de cet âge victimes de violences est proche (4,7% pour les hommes et 4,9% pour les femmes). Mais les types de violences qu’ils déclarent le plus souvent sont très différents. Les femmes victimes ont pour plus de 60% d’entre elles subi des violences dans leur ménage. Si la moitié des hommes victimes ont subi un acte de violence d’un inconnu, les femmes sont près de 80% a avoir été visées par une connaissance personnelle et dans la moitié des cas par un conjoint ou un ex-conjoint. Ce sont principalement des jeunes femmes, âgées de 18 à 24 ans, qui déclarent avoir subi des violences physiques par un auteur qu’elles connaissent personnellement (membre de la famille, conjoint, ex-conjoint) Pour la majorité des femmes, le danger se trouve sous leur toit. Cette proximité de l’homme violent fait que seulement 20% des femmes portent plainte.


En France, 166 femmes sont mortes en 2007 à la suite de violences conjugales. Ce chiffre est en hausse de 30% par rapport à 2006. Une femme tous les deux jours, meurt sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. En France ! Pays dit « civilisé » Pays des Droits de l’homme (et la femme ?) En 2008, il y a encore des hommes pour oser battre leurs femmes (la mère de leurs enfants, celle qu’ils ont choisi comme compagne, celle qu’ils aiment) et des femmes pour subir cette violence et en mourir parfois. Ces femmes battues, ce sont nos sœurs, nos mères, nos tantes, nos cousines, nos voisines... Ces batteurs de femmes ce sont nos pères, nos frères, nos voisins, nos oncles…Ils sont nos familiers. Ils font partie de notre cercle d’amis. Ils habitent sur le même palier que nous. Ne détournons pas le regard de cette femme amochée que nous rencontrons dans notre quartier : elle a besoin de notre aide, elle a besoin d’être encouragée à dénoncer. Ne bouchons pas nos oreilles aux insultes et aux coups de l’homme violent : il a aussi besoin d’aide et qu’on l’arrête. L’alcool n’explique pas tout. Il est un désinhibiteur mais pas une raison. C’est le manque de respect de l’autre, le manque d’éducation à l’égalité femme – homme qui pour moi en est la cause ! Le 25 novembre, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes tentera encore et toujours de nous alerter et de nous faire réagir face à cette incohérence, à cette injustice et à ce constat : des hommes s’autorisent encore, en 2008, à battre des femmes et principalement leur femme et parce qu’elles sont des femmes. C’est inadmissible. C’est intolérable. Il faut que cela cesse.

Chacune et chacun d’entre nous peut et doit réagir là où il est et avec ses moyens.

Cette Journée nous y invite, nous y oblige.


 

Publié dans Femmes

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B. 25/11/2008 19:44

Pas plus tard que ce samedi midi, au coin des rues Sherbrooke et Amherst: un couple BCBG, avec beau carosse de bébé poussé par monsieur.. discussion qui dégénère devant la lumière rouge. Le femme veut partir visiblement, mais l'homme la retient, bousculade, coups... malgré la peur de mon copain je suis allée intervenir... la femme s'est enfuie.. le gars la coursait avec le carrosse... j'ai suivi en voiture pour bloquer le gars. Je lui ai dit que j'appelai la police. Il s'est calmé et... la femme est finalement retourné le voir.

Mon copain m'a demandé de ne pas m'en mêler: ça a été une bonne occasion de lui parler de nos responsabilité collectives, et le pourquoi du comment de se mêler de ce genre d'événement.
Dorénavant sa compréhension a changé, enfin je l'espère, parce que oui, effectivement, ça nous regarde.

Ce samedi, devant la bibliothèque de la Ville, personne d'autre ne s' arrêtait devant un homme qui brassait un carrosse de bébé, puis bousculait et coursait une femme...
je n'ose imaginer ce qui peut se passer chez eux à huis clos.

B.