FEMMES - Les Droits de l’homme… et des femmes ?

Publié le par Christine Burtin Lauthe

Je sais ! Certain-e-s vont me rétorquer : de l’homme avec un grand H, bien sûr. Ça comprend les hommes et les femmes, évidemment ! Je n’en suis pas si sure !


En 1948, un groupe d’hommes et une femme s’est réuni à Paris. La seule femme était Eleanor Roosevelt que son président de mari avait dû envoyer en service commandé « Ca te dirait Elea (il lui donnait un petit nom, comme ça se fait en Amérique) d’aller faire un tour à Paris ? Tu pourrais aller au Palais de Chaillot puis en passant tu me représenterais à cette Déclaration que ces maudits Français (ça c’est plutôt québécois) veulent imposer au monde. Tu ne joues pas les suffragettes, Elea ! Tu ne réclames pas n’importe quoi. OK ? Bon voyage »


Elle n’a pas dû désobéir, Elea. Car, lorsque je lis les titres des journaux, comme aujourd’hui où l'on fête les 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la plupart des journalistes écrivent homme avec un petit ! Si ce n’était qu’une question de majuscule et que depuis 60 ans, la condition des hommes et des femmes s’était améliorée à Egalité, je ne dirais rien, ou presque. Mais comme c’est loin d’être le cas, permettez que je réclame ma place et celle de toutes les femmes (avec un petit f) et qui n’acceptent pas que le mot homme les comprenne dans son ensemble. Je me sentirais mieux dans le terme anglo-saxon « Human Rights » qui se traduit par « Droits humains ». La Déclaration universelle des droits humains ! C’est mieux, non ? C’est global, ça ?

Je ne sais pas si cela nous aurait évité cette succulente tirade du « bon docteur Kouchner », aujourd’hui dans le Parisien où, interviewé par D. de Montvalon et d’autres, il regrette d’avoir proposé au président de la République un secrétariat aux droits de l’Homme car, dit-il « il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère ». C’est justement pour ça que c’est, bonhomme. Pour rappeler aux gouvernements, et au nôtre en particulier, que « droits » et « politique étrangère » doivent aller de paire. Mais là où il fait très fort dans le machisme, le « French doctor» c’est quand, remplissant les basses besognes de son président admiré, il tacle sa secrétaire d’Etat et la renvoie à ses occupations en affirmant: « il est important que Rama Yade s’occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes… » Et pour aggraver son cas, il ajoute « Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme » ! Voilà, tout est dit ! La politique et les Droits de l’homme, c’est du sérieux ; c’est une affaire d’hommes (d’ailleurs, c’est écrit dans l’intitulé !) Les femmes, occupez-vous des enfants et des femmes. Vous êtes trop sensibles, trop faibles (donc pas fiables). Laissez-nous faire ; ce sont des affaires d’homme (avec un petit, tout petit h). Rien que pour ça, je ne veux pas que le terme « Homme » m’englobe. Je réclame « les droits humains » ceux des Hommes, des Femmes et des Enfants.


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