Femmes

Lundi 20 avril 2009

Très beau texte d’Elisabeth Badinter paru dans Libération.fr le 15 avril 2009. Prise de position et cri d’alarme qui dit et redit comment les talibans et leur charia, prétendument Loi islamique, vont écraser les femmes, les soumettre et les rabaisser au rang d’objet ou de ventre à faire des garçons mais certainement pas d’être humain. Elle nous redit et c’est notre seul espoir pour elles, que les femmes et les filles qui réussiront à recevoir de l’éducation et à s’émanciper trouveront un jour la force de remettre à leur place ou encore mieux de pousser dehors ces « sauvages » et ces incultes que sont les hommes qui aujourd’hui les écrasent et les font vivre comme des esclaves en espérant les faire disparaître. « Est-ce ainsi que les Hommes vivent…? »

Obama, Président des Etats-Unis, va-t-il abandonner les femmes au joug des talibans en Afghanistan pour avoir les mains libres au Pakistan ? Il y perdra l’honneur et il aura la guerre !


Sale temps pour les femmes en Afghanistan

Elisabeth Badinter philosophe et historienne.

Hamid Karzaï, qui fut le candidat de l’Occident à la présidence de la république afghane, va-t-il abroger la loi scélérate contre les femmes chiites votée par le Parlement le mois dernier et signée par lui il y a quelques jours ?

Bien que le texte de la loi ne soit pas publié, parlementaires féminines et responsables afghanes de commissions indépendantes veillant au respect des droits des femmes appellent à l’aide. De quoi s’agit-il ? Rien moins que du rétablissement du code de la famille taliban pour les populations chiites qui représentent 10 % à 15 % de la population afghane. Plus précisément, le texte interdit aux femmes de sortir, de travailler ou d’aller chez le médecin sans la permission de leur mari et aux petites filles d’aller à l’école sans celle de leur père. En cas de divorce, les enfants sont confiés aux pères ou aux grands-pères. En outre, il proclame la disponibilité sexuelle des épouses, ce qui revient tout simplement à légaliser ce que d’aucuns appellent le viol conjugal, et à légitimer le statut d’objet sexuel des femmes. Déjà, les sunnites lorgnent cette loi pour se l’approprier.

Ce retour légal aux années les plus sombres de l’histoire afghane - contraire à la Constitution adoptée en janvier 2004 - n’est qu’une basse manœuvre politicienne de Karzaï pour tenter de se faire réélire à la présidence, en août. Il achète les voix chiites de la minorité hazara au prix de la légalisation de l’esclavage des femmes : «votez pour moi et je vous reconnais leur maître absolu». Certes, Karzaï peut toujours arguer que le texte réglemente un domaine régi jusqu’ici par la seule coutume et qu’il a déjà été amendé en repoussant l’âge du mariage des filles de 9 ans à 16 ans, au grand dam de l’imam Mohseni, à l’origine de ce texte ; reste qu’en signant cette loi liberticide, il a démontré à tous ceux qui militent pour le respect des droits de l’homme qu’il se fichait bien de ceux des femmes et de la Constitution.

Mais au-delà de ce marchandage électoral répugnant, se pose la question plus générale du pouvoir religieux sur la loi et de ses conséquences pour les femmes dans les républiques ou royaumes qui se veulent «islamiques». Dans tous ces pays qui appliquent la charia, les femmes ne jouissent jamais de droits parfaitement identiques à ceux des hommes, quelles que soient les nuances observées d’un pays à l’autre. Et quand le pouvoir politique, comme au Maroc, tente de faire progresser la condition féminine, le puissant parti islamiste s’y oppose de toutes ses forces et gagne des voix.

Il est vrai que les intégristes, toutes religions confondues, se comportent comme s’ils haïssaient les femmes : bonnes à «baiser», non à aimer. Mais il se trouve qu’aujourd’hui, les démocraties occidentales, qu’il est de bon ton de brocarder, ont mis fin au pouvoir religieux sur la loi, et que cette étape reste à accomplir pour une majorité de pays musulmans. Aussi étrange que cela paraisse, la paix dans le monde est à ce prix qui a pour nom laïcité. C’est un dur combat à mener dont le succès seul peut garantir l’égalité des sexes et la démocratie, dont elle est le critère le plus probant. Il n’est donc pas admissible qu’on invoque ici ou ailleurs les coutumes des uns ou les religions des autres pour contourner ou refuser le principe de laïcité. Si certains gauchistes en Occident et des relativistes bien intentionnés se réclament de l’antiracisme ou de la tolérance pour promouvoir la religion du voile ou de la burqa, qu’ils sachent bien qu’ils font le jeu des intégristes, et notamment des talibans en Afghanistan et au Pakistan.

On commence par faire disparaître les femmes de l’espace public, on les dissimule au regard des autres, on les marie de force et on les soumet, au nom de Dieu, au père et au mari tout puissant.

Dans le beau roman de Khaled Hosseini, Mille Soleils splendides, un père rappelle à sa fille les libertés et les droits dont avaient joui les femmes sous le régime communiste entre 1978 et 1992 : «Une bonne époque pour être une femme en Afghanistan.» Mais depuis que les moudjahidin se sont emparés du pouvoir en 1992 et pire, depuis l’arrivée des talibans en septembre 1996, la vie des femmes, plus encore que celles des hommes, était devenue un enfer : fermeture des écoles de filles, interdiction de travailler, de rire en public ou de sortir seule, lapidation…

L’arrivée des Occidentaux sur le sol afghan n’a certes pas mis fin à toutes les coutumes archaïques. Mais là où ils sont - même si cela ne concerne qu’une petite partie du territoire - les femmes ont recouvré leurs droits essentiels. Pour cette raison, il me semble tout aussi impossible de cautionner Hamid Karzaï que de quitter l’Afghanistan et de l’abandonner de nouveau aux talibans.

Comme le rappelait récemment le ministre canadien des Affaires étrangères, les Occidentaux ne sont pas seulement venus pour tenter d’arrêter Ben Laden, mais pour soutenir les droits de l’homme, et en particulier ceux des femmes. Il faut laisser à celles-ci le temps de s’éduquer et de s’émanciper, et alors les talibans qui rôdent dans tout le pays n’auront pas pire ennemi qu’elles. Il faudra certainement attendre qu’une nouvelle génération se forme, dépenser beaucoup d’argent et pleurer des morts pour que ce pays ait la force de résister aux barbares. Mais c’est à coup sûr le seul moyen de rendre aux femmes de cette région la jouissance de leurs droits et peut-être d’éviter au pays le désastre annoncé.

Beaucoup aujourd’hui disent le contraire, appellent à se retirer et à baisser les bras. Implicitement, ils laissent à penser que les droits des femmes ne sont pas leur affaire. Il est temps de leur rappeler le mot célèbre de sir Winston Churchill après la reculade de Munich : «Vous croyez avoir sauvé la paix en gardant l’honneur. Vous avez perdu l’honneur et vous aurez la guerre.»

Par Christine Burtin Lauthe
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Vendredi 13 mars 2009

Soirée du 10 mars 2009 à Tonnerre



Une Journée des Femmes qui, au début du XXème siècle, commence par des manifestations !


Une Journée qui prend naissance dans le refus et dans la revendication.


Refus des conditions de travail, dans l’industrie, le commerce.


Revendication du droit de vote et d’être élue.


Une Journée Internationale des Droits : à l’éducation et à la connaissance ; au travail et au salaire égal ; à la libre circulation et à l’autonomie, au vote et à l’éligibilité, à l’avortement et à la contraception, à la protection et à la fin des violences…


Une Journée Internationale des Femmes pour reconnaître les combats pacifiques et humanistes de celles qui nous ont précédées comme les « folles de la place de Mai » en Argentine , Rigoberta Menchù au Guatemala, Aung Sang Suu Ki prix Nobel de la Paix en Birmanie, Gisèle Halimi et le Mouvement Choisir la Cause des Femmes, en France…

Et tant d’autres d’ici et d’ailleurs des Mouvements associatifs, syndicaux et politiques, qui veulent faire entendre leurs revendications de Paix et d’Egalité entre les femmes et les hommes.


Une Journée des Femmes rassemblées, qui se tiennent debout, épaule contre épaule, pour se soutenir et faire cause commune.

Une Journée Internationale pour fêter les victoires et les acquis.

Il y en a !


Une Journée Internationale des Femmes pour ensemble, femmes et hommes, s’ouvrir les yeux sur la condition féminine et ne plus jamais les refermer et agir !


Et bien, à vous femmes et filles, je souhaite une BONNE FETE INTERNATIONALE DES FEMMES.

Aux hommes et aux garçons qui sont venus ce soir… je souhaite la même chose !



Par Christine Burtin Lauthe
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Dimanche 8 mars 2009

Une Journée Internationale des Femmes et non pas de la femme !

Des Femmes rassemblées, regroupées pour se tenir debout, pour s’épauler et être solidaires de celles d’ici et d’ailleurs.

Une Journée de rappel des combats des Femmes, luttes pacifiques et humanistes pour leurs Libertés, leurs Droits, leur exercice de la citoyenneté et la reconnaissance effective de leur participation à la construction de cette société.

Une Journée Internationale Féministe et revendicative pour réaffirmer le parti pris pour les femmes : contre la prostitution, contre toutes les violences, contre la marchandisation des femmes et des filles mais pour leur éducation, leur autonomie et le respect qu’on leur doit comme à tout être humain.

Une Journée pour réveiller les femmes et leur rappeler que le chemin de l’Egalité est encore long dans la société et dans les mentalités. Rappeler que rien n’est jamais acquis en matière de Liberté et de Droits et que tout peut toujours reculer.


Une Journée Internationale des Femmes qui remémore toutes celles qui, trop souvent oubliées ou ridiculisées, se sont battues et se battent encore pour nos Droits, nos Libertés et notre place.

Pour que ce 8 mars ne soit pas comme les autres, ouvrons enfin nos yeux et surtout ne les refermons pas car IL FAUT QUE ÇA CHANGE !




Quelques vérités françaises pour ceux et celles qui croient que, question Egalité, tout va bien chez nous !


Emploi :

- En 2004, 65% des femmes sont actives contre 75% des hommes. Entre 1976 et 2006, la part des femmes actives a progressé de 10 points et celle des hommes a diminuée de 9 points.

- 30% des femmes ont un travail à temps partiel alors que cette part n’est que de 6% chez les hommes. Les femmes sont aussi plus souvent en CDD : 9%, et 5% des hommes.

- En 2005, les femmes exerçant une profession dans la fonction publique d’Etat, percevaient un salaire inférieur de 14% à celui des hommes. Dans le privé et semi privé, cet écart est de 19%. L’écart le plus important est entre les cadres du privé: 23%.


Politique

- En France, c’est le 21 avril 1944 que le suffrage universel permettant aux femmes de voter et d’être éligible a été introduit. Là où la loi sur la parité s’applique de manière contraignante, la part des élues dans les assemblées a augmenté : Conseils régionaux (48%), Parlement européen (44%), Conseils municipaux des villes de plus de 3 500 habitants (49%)

- Lorsqu’il n’y a pas contrainte la part des élues est réduite : Conseils généraux (13%), Sénat (22%), Assemblée nationale (18%)

- Au niveau mondial, sur 150 chefs d’Etat recensés en 2008 par l’Union interparlementaire, seuls 7 d’entre eux sont des femmes !


Temps domestique

- La durée moyenne des activités des hommes et des femmes salarié-e-s au cours d’une journée (Insee 1999) montre que le temps domestique n’a diminué que d’une minute en 13 ans pour les femmes (3h48 /3h49) et a augmenté de 8 minutes pour les hommes (1h59/1h51)

- Il n’en reste pas moins que cette différence est de 2,5 entre les femmes et les hommes.


Sexualité

- L’âge du 1er rapport sexuel dans les années 2000 a baissé d’un an pour les hommes (18,8 à 17,2) et de 3 ans pour les femmes (20,6 à 17,6)

- Parmi les femmes de 20 à 24 ans, elles ne sont plus que 20% (70% pour les femmes de 60 à 69 ans) a avoir eu leur 1er rapport avec quelqu’un qui est devenu leur mari et 6% pour les hommes de 20 à 24 ans (33% pour les hommes de 60 à 69 ans)


Pornographie

- 80% des garçons entre 14 et 18 ans et 45% des filles du même âge déclarent avoir vu au moins un film pornographique durant l’année (enquête européenne ESPAD, 2004) Près d’1 garçon sur 4 en a vu au moins 10 durant l’année. C’est la même chose pour 1 fille sur 50.

- En ce qui concerne l’âge de découverte de la pornographie, 75% des garçons avaient entre 14 et 15 ans contre 40% des filles.



Ces éléments sont tirés du Rapport de synthèse « Egalité Jeunesse Bourgogne 2007-2008 » que l’association Carrefour des Mondes, dont je suis la Présidente, a mené (le téléchargement peut être un peu long, patience!!)

99 pages dans lesquelles les jeunes ont la parole et où ils nous disent tout sur leur vécu ou leur ressenti de l’Egalité dans la vie quotidienne, dans la famille et dans leurs rapports filles – garçons. A lire expressément en cette Journée Internationale des Femmes.



 

Par Christine Burtin Lauthe
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Mardi 3 mars 2009

-- AVIS -- Invitation --
AVIS -- Invitation -- AVIS -- Invitation -- AVIS -- Invitation -- AVIS -- Invitation --



Le 8 mars célèbre la Journée Internationale des Femmes, et le mardi 10 mars nous vous invitons à une soirée-rencontre autour du film de Claire Simon intitulé "Les bureaux de Dieu".

A l'occasion de la célébration de la journée pour le droit des femmes, venez faire un bilan avec nous sur la situation des femmes en France et dans le monde!









Par Christine Burtin Lauthe
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Lundi 15 décembre 2008



Allez voir le blog de l'auteur!

Par Christine Burtin Lauthe
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Mercredi 10 décembre 2008

Je sais ! Certain-e-s vont me rétorquer : de l’homme avec un grand H, bien sûr. Ça comprend les hommes et les femmes, évidemment ! Je n’en suis pas si sure !


En 1948, un groupe d’hommes et une femme s’est réuni à Paris. La seule femme était Eleanor Roosevelt que son président de mari avait dû envoyer en service commandé « Ca te dirait Elea (il lui donnait un petit nom, comme ça se fait en Amérique) d’aller faire un tour à Paris ? Tu pourrais aller au Palais de Chaillot puis en passant tu me représenterais à cette Déclaration que ces maudits Français (ça c’est plutôt québécois) veulent imposer au monde. Tu ne joues pas les suffragettes, Elea ! Tu ne réclames pas n’importe quoi. OK ? Bon voyage »


Elle n’a pas dû désobéir, Elea. Car, lorsque je lis les titres des journaux, comme aujourd’hui où l'on fête les 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la plupart des journalistes écrivent homme avec un petit ! Si ce n’était qu’une question de majuscule et que depuis 60 ans, la condition des hommes et des femmes s’était améliorée à Egalité, je ne dirais rien, ou presque. Mais comme c’est loin d’être le cas, permettez que je réclame ma place et celle de toutes les femmes (avec un petit f) et qui n’acceptent pas que le mot homme les comprenne dans son ensemble. Je me sentirais mieux dans le terme anglo-saxon « Human Rights » qui se traduit par « Droits humains ». La Déclaration universelle des droits humains ! C’est mieux, non ? C’est global, ça ?

Je ne sais pas si cela nous aurait évité cette succulente tirade du « bon docteur Kouchner », aujourd’hui dans le Parisien où, interviewé par D. de Montvalon et d’autres, il regrette d’avoir proposé au président de la République un secrétariat aux droits de l’Homme car, dit-il « il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère ». C’est justement pour ça que c’est, bonhomme. Pour rappeler aux gouvernements, et au nôtre en particulier, que « droits » et « politique étrangère » doivent aller de paire. Mais là où il fait très fort dans le machisme, le « French doctor» c’est quand, remplissant les basses besognes de son président admiré, il tacle sa secrétaire d’Etat et la renvoie à ses occupations en affirmant: « il est important que Rama Yade s’occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes… » Et pour aggraver son cas, il ajoute « Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme » ! Voilà, tout est dit ! La politique et les Droits de l’homme, c’est du sérieux ; c’est une affaire d’hommes (d’ailleurs, c’est écrit dans l’intitulé !) Les femmes, occupez-vous des enfants et des femmes. Vous êtes trop sensibles, trop faibles (donc pas fiables). Laissez-nous faire ; ce sont des affaires d’homme (avec un petit, tout petit h). Rien que pour ça, je ne veux pas que le terme « Homme » m’englobe. Je réclame « les droits humains » ceux des Hommes, des Femmes et des Enfants.


Par Christine Burtin Lauthe
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Lundi 24 novembre 2008


Plus de 46% des victimes enquêtées par l’Observatoire national de la délinquance (OND) qui vient de publier son enquête et ses résultats 2008, qui sont âgées de 18 à 60 ans, ont subi au moins un acte de violence physique au sein de leur ménage. La part des hommes et des femmes de cet âge victimes de violences est proche (4,7% pour les hommes et 4,9% pour les femmes). Mais les types de violences qu’ils déclarent le plus souvent sont très différents. Les femmes victimes ont pour plus de 60% d’entre elles subi des violences dans leur ménage. Si la moitié des hommes victimes ont subi un acte de violence d’un inconnu, les femmes sont près de 80% a avoir été visées par une connaissance personnelle et dans la moitié des cas par un conjoint ou un ex-conjoint. Ce sont principalement des jeunes femmes, âgées de 18 à 24 ans, qui déclarent avoir subi des violences physiques par un auteur qu’elles connaissent personnellement (membre de la famille, conjoint, ex-conjoint) Pour la majorité des femmes, le danger se trouve sous leur toit. Cette proximité de l’homme violent fait que seulement 20% des femmes portent plainte.


En France, 166 femmes sont mortes en 2007 à la suite de violences conjugales. Ce chiffre est en hausse de 30% par rapport à 2006. Une femme tous les deux jours, meurt sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. En France ! Pays dit « civilisé » Pays des Droits de l’homme (et la femme ?) En 2008, il y a encore des hommes pour oser battre leurs femmes (la mère de leurs enfants, celle qu’ils ont choisi comme compagne, celle qu’ils aiment) et des femmes pour subir cette violence et en mourir parfois. Ces femmes battues, ce sont nos sœurs, nos mères, nos tantes, nos cousines, nos voisines... Ces batteurs de femmes ce sont nos pères, nos frères, nos voisins, nos oncles…Ils sont nos familiers. Ils font partie de notre cercle d’amis. Ils habitent sur le même palier que nous. Ne détournons pas le regard de cette femme amochée que nous rencontrons dans notre quartier : elle a besoin de notre aide, elle a besoin d’être encouragée à dénoncer. Ne bouchons pas nos oreilles aux insultes et aux coups de l’homme violent : il a aussi besoin d’aide et qu’on l’arrête. L’alcool n’explique pas tout. Il est un désinhibiteur mais pas une raison. C’est le manque de respect de l’autre, le manque d’éducation à l’égalité femme – homme qui pour moi en est la cause ! Le 25 novembre, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes tentera encore et toujours de nous alerter et de nous faire réagir face à cette incohérence, à cette injustice et à ce constat : des hommes s’autorisent encore, en 2008, à battre des femmes et principalement leur femme et parce qu’elles sont des femmes. C’est inadmissible. C’est intolérable. Il faut que cela cesse.

Chacune et chacun d’entre nous peut et doit réagir là où il est et avec ses moyens.

Cette Journée nous y invite, nous y oblige.


 

Par Christine Burtin Lauthe
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Mercredi 8 octobre 2008
A l’hiver 2007, de passage à Montréal, j’ai eu l’occasion de participer à une rencontre organisée par l’organisme « Droits et démocratie » avec le gouvernement afghan. Ils étaient une quinzaine de ministres dont la ministre de la Condition féminine à répondre aux questions de l’Assemblée. Nouvelle dans ses fonctions, juriste, parlant très mal l’anglais et pas du tout le français, la Ministre suivait la rencontre grâce à sa traductrice et sans intervenir. Accompagnée de femmes de différents Mouvements québécois, j’étais allée la saluer à la fin de la rencontre. Je m’étais permis de lui dire « Madame, sachez que les femmes du monde entier vous regardent aller ; elles vous soutiennent et vous accompagnent dans votre mission auprès des femmes afghanes. Quand vous agirez pour ces femmes, pour leur émancipation, leurs droits, l’évolution de leur place dans la société elles seront avec vous et elles vous soutiendront. Vous n’agissez pas seule ; la cause des femmes afghanes concerne les femmes du monde entier. Nous vous accompagnons et sommes derrière vous » Je ne sais pas si elle m’a comprise. Elle n’en a rien laissé paraître. Quelques temps plus tard, j’appris par la radio que la Directrice du Service des droits des femmes avait été abattue. Aujourd’hui, une capitaine de police est abattue parce qu’elle défend les femmes et lutte contre les crimes qui leur sont faits. Elle est abattue parce que femme. Le texte qui suit est issu du Monde.fr et de France 24.

Assassinat de Malalaï Kakar en Afghanistan

Dimanche 28 septembre, la capitaine de police Malalai Kakar a été tuée d'une balle dans la tête devant son domicile alors qu'elle se rendait à son travail. Cette policière qui dirigeait le département des crimes contre les femmes, de Kandahar, symbolisait la lutte pour l'émancipation féminine dans l'Afghanistan post-talibans. Peu après l'annonce de sa mort, un porte-parole islamiste s'est publiquement réjoui d'avoir réussi à l'atteindre. "Nous avons tué Malalai Kakar. Elle était notre cible, et nous avons réussi à l'éliminer", a-t-il déclaré à l'AFP. Les talibans ont multiplié les attaques contre les femmes occupant des postes à responsabilité, en particulier dans la police. En juin, Bibi Hoor, une lieutenante âgée de 26 ans, a été abattue par balle dans la province de Heart, après avoir refusé de quitter son emploi.

Originaire d'une famille de policiers, Malalai Kakar s'était engagée en 1982 alors que le pays était encore sous occupation soviétique. Après la prise de pouvoir des talibans, elle avait été sommée de quitter la police. Mais dès la chute du régime islamiste en 2001, elle n'hésite pas à reprendre du service dans la ville de Kandahar, qui reste pourtant le fief de la milice. Pour sa sécurité – elle a été visée par plusieurs attaques –, elle ne se déplaçait jamais sans son arme. Elle cachait un pistolet sous sa burqa pour se rendre tous les jours au commissariat de police.

BRAS DE FER PERMANENT CONTRE LES TALIBANS

Aux yeux des talibans, Malalai Kakar constituait un objectif privilégié. "Son bureau était devenu un refuge pour les femmes menacées ou maltraitées et elle s'opposait régulièrement aux décisions des juges conservateurs qui les renvoyaient dans leurs familles", écrit le quotidien britannique The Independent, qui l'avait rencontrée en 2003.

L'assassinat de Malalai Kakar témoigne d'un recul dans la lutte pour le droit des femmes en Afghanistan, dans un bras de fer permanent contre les talibans. Cette épreuve de force, Malalai Kakar la décrivait ainsi, il y a cinq ans, à un journaliste britannique : "Nous essayons de faire respecter la loi et la Constitution censée protéger le droit des femmes. Mais j'ai peur que nous perdions du terrain. Nous faisons face à de plus en plus d'obstacles. Au lieu de reprendre confiance en elles, les femmes ont chaque jour un peu plus peur des menaces." Déjà à cette époque, Malalaï n’était pas dupe. Elle était même parfaitement consciente des dangers de sa mission. Dans cette ville au cœur de l’ancien fief des Taliban, Malalaï, qui dirigeait le département des crimes contre les femmes, représente tout ce qu’exècrent les fondamentalistes. Mais cette mère de six enfants balayait les dangers d’un geste de la main. "Bien sûr que c’est dangereux, on regarde toujours derrière soi, avait-elle alors dit à Leela Jacinto, journaliste à FRANCE 24, dans sa langue pachtoune d’origine. Mais jusqu’à présent, je n’ai jamais été menacée, Dieu merci. Je suis prudente mais pas terrifiée. Je suis une femme forte et je veux servir mon pays."

Cinq ans plus tard, Malalaï Kakar est assassinée, en servant son pays. Son fils de 18 ans a été blessé au cours de l’attaque. Peu de doutes persistent sur les raisons de son assassinat. Les extrémistes ont tout simplement fait disparaître le défi que cette femme osait leur lancer quotidiennement, en faisant son travail.

La communauté internationale n’a pas tardé à réagir. Condamnant fermement cet assassinat, le président afghan Hamid Karzaï a déclaré qu’il était "consterné par cet acte brutal". Dans un communiqué publié dimanche, l’Union européenne (UE) a quant à elle déclaré : "Le meurtre de tout officier de police est condamnable. Mais celui d’une femme officier, au service non seulement de son pays mais aussi des femmes afghanes, est particulièrement odieux." En tant que policière issue de la communauté pachtoune, l’exemple que constituait Kakar ne doit pas être sous-estimé. Son rôle était crucial dans une société patriarcale, encore régie par le pachtounwali, un ancien code tribal qui, notamment, utilise les femmes en dédommagement de crimes. Selon le pachtounwali, les femmes non-mariées peuvent être "données" à une famille en compensation d’un crime. Dans la plupart des villes afghanes, les prisons pour femmes sont, encore aujourd’hui, remplies de détenues emprisonnées pour avoir fui leur foyer, pour avoir tenté d’échapper à la violence et aux mariages forcés.

Selon Masuda Sultan, une avocate née à Kandahar spécialisée dans les droits de l’Homme et auteure du livre "Ma guerre à la maison", Malalaï Kakar jouait souvent le rôle de défenseur non-officiel des détenues. En l’absence d’un système judiciaire efficace, Kakar était, selon Masuda Sultan, "comme l’avocate des femmes dans la police".

En 2003, lorsqu’elle était l’unique femme policière de la ville, elle avait déclaré qu’elle adorerait travailler avec une autre femme. Mais, avait-elle ajouté mélancoliquement, "je ne pense pas que ça arrivera dans un futur proche". "C’est l’Afghanistan", avait-elle conclu, amère. Elle avait tort. Malalaï Kakar est morte en laissant au commissariat de Kandahar, une équipe forte d’une dizaine de femmes. Ce n’est pas énorme. Mais il y a seulement cinq ans, ce chiffre dépassait complètement l’entendement.

Par Christine Burtin Lauthe
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Mardi 20 mai 2008

École: séparer filles et garçons, c'est de nouveau possible

Par Chloé Leprince | Rue89 | 19/05/2008 | 00H03


La nouvelle loi contre les discriminations rend possible les classes non-mixtes, interdites dans le public depuis 1975.

Le 15 mai 2008 restera-t-il dans les annales comme la première grande brèche dans le principe de mixité scolaire? Jeudi, le Parlement a en tous cas adopté définitivement la nouvelle loi anti-discrimination, après plusieurs discussions houleuses tant que le texte faisait encore la navette entre les deux assemblées.

Au détour de cette loi, s'installe en effet la possibilité d'organiser un enseignement séparé pour les garçons et les filles à l'école. La mixité s'était pourtant généralisée dès les années 60 dans l'éducation: une circulaire l'impose en juin 1965 pour toutes les nouvelles écoles élémentaires créées, avant de l'étendre à toutes les écoles primaires à la fin de la décennie. C'est, enfin, la loi Haby du 11 juillet 1975 qui allait rendre la mixité obligatoire dans l'enseignement public primaire et secondaire.

Cette disposition du texte finalement adopté a été très critiquée durant le travail parlementaire. Notamment au Sénat, massivement hostile à cette mesure, tous groupes politiques confondus. Début avril, Valérie Létard, secrétaire d'Etat chargée de la Solidarité, avait d'ailleurs été largement interpellée lors de son audition par la commission des Affaires sociales.

C'est ce que raconte Sylvie Demarescaux, sénatrice du Nord (sans étiquette), qui déplore qu'aucun des trois amendements sénatoriaux soit finalement parvenu à infléchir le texte. Mercredi 14 mai, la veille de l'adoption définitive de la loi, la commission mixte paritaire avait en effet fait retirer ces trois amendements visant à supprimer la disposition liée à l'enseignement.

L'un de ces amendements émanait pourtant du centriste Nicolas About, qui préside les affaires sociales au palais du Luxembourg, et qui n'a pas hésité à parler "d'erreur gouvernementale".

Une directive européenne sert de bouc émissaire au gouvernement

De son côté, le gouvernement n'a cessé, jusqu'à l'adoption définitive du texte et malgré les discussions qu'il soulevait, d'arguer de son "absence de marge de manoeuvre", avançant l'obligation de transposer en droit français cinq directives européennes en matière de discrimination.

C'est ce qui fut du reste répondu à la sénatrice Sylvie Demarescaux alors que celle-ci trouvait à s'émouvoir du pas en arrière que cette mesure représente à ses yeux:

"Valérie Létard nous a expliqué que la Commission européenne laissait une très faible marge de manoeuvre dans la transposition des directives en matière de discrimination et que la France n'avait pas vraiment eu le choix ».

"Or, pour moi, on revient à ce que j'ai vécu quand j'étais jeune, c'est à dire à une discrimination sexiste. C'est la première fois qu'on revient tant en arrière, alors qu'on avait plutôt bien avancé récemment en matière d'égalité hommes-femmes."

Or si Bruxelles avait bien exigé de ses Etats-membres qu'ils transposent dans leurs législations respectives des mesures antidiscriminatoires, celles-ci concernaient le champ des biens et services. Et nullement l'éducation, prérogative nationale.

Laurence Rossignol, vice-présidente du conseil régional de Picardie et secrétaire nationale chargée des droits des femmes et de la parité au PS, doute elle aussi de cette explication:

"L'Europe? On sourit... Regardez le nombre de directives européennes pour lesquelles la France traine les pieds. Quand on veut freiner, on peut. C'est un argument fallacieux."

La non-mixité à l'école fait débat dans les mouvements féministes

De fait, l'Europe était plutôt considérée comme un vecteur de progrès en matière d'égalité d'accès à l'éducation depuis le début, soutiennent les féministes. Et ce, même si les cultures féministes varient grandement d'un pays à l'autre. Dans les pays anglo-saxons, par exemple, les revendications féministes sont depuis longtemps infusées par les questions de genre et les pratiques de discrimination positive. Contrairement à la France qui, traditionnellement, s'est plutôt appuyée sur l'égalité républicaine.

L'élue picarde, reconnue pour ses engagements féministes, fustige également ce qu'elle qualifie de "vraie double régression, pour la laïcité et pour l'égalité d'accès à l'éducation pour les filles". Pour elle, c'est en effet dès l'école qu'on doit créer les bases d'une égalité hommes-femmes, que cette loi était pourtant censée garantir dans le monde professionnel:

Autre argument apparu en marge du débat: certaines revendications féministes auraient elles-mêmes contribué à ce que le verrou de la mixité scolaire saute... Notamment en exigeant des activités séparées pour garçons et filles dans certaines disciplines. On pense bien sûr au sport. Mais certaines voix ont pu s'élever pour que la séparation se fasse dans d'autres cours, arguant que la présence des garçons pouvait inhiber leurs congénères féminines.

La socialiste Laurence Rossignol doute pourtant fortement de cette explication:

"Des discussions de comptoir et de couloir sur le sujet, j'en ai eu beaucoup. J'ai même entendu dire que la mixité pouvait engendrer une forme de harcèlement. C'est vrai que c'est ce qui s'est dit à un moment donné. Mais, moi, je m'en tiens aux écrits et aux propos publics. Or, en France, je n'ai jamais lu une féministe tenir de tels propos par écrit."

Pervertir l'image des religions: l'autre effet pervers de cette loi

Pour Laurence Rossignol, plus que l'Europe ou le serpent féministe qui se serait mangé la queue, cette disposition révèle plutôt "une grande porosité du gouvernement à toutes les menées qui sont possibles contre la mixité":

"On sait très bien, aujourd'hui, que les courants fondamentalistes sont marginaux et minoritaires. Que la grande masse des écoles primaires, des collèges et des lycées fonctionnent avec toutes les confessions, et que ça se gère bon an mal an assez bien au quotidien. Mais le gouvernement s'est montré poreux à des revendications fondamentalistes ».

"Cette complaisance m'irrite d'autant plus qu'en plus de remettre en cause la mixité, la laïcité, cette concession aux plus marginaux pervertit notre regard sur les communautés religieuses. On est à tous points de vue dans le symbolique, et il faut faire très attention à ces symboles, dans le droit fil du discours de Latran de Nicolas Sarkozy."

Concrètement, il faudra attendre le décret d'application de cette loi pour savoir comment sera organisée sur le terrain cette possibilité d'enseignements non-mixtes. Un ultime obstacle, très pragmatique, celui-là, pourrait bien entrer en ligne de compte: comment organiser des dédoublements de classes en séparant garçons et filles à l'heure de 11 200 suppressions de postes dans l'Education nationale?



Par Christine Burtin Lauthe
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Mardi 20 mai 2008

Un article du site Rue89 sur le lancement de Terra Nova, « le nouvel espace intellectuel de la gauche progressiste » qui faisait la une de Libération le 13 mai dernier, s’indigne également du nombre réduit de femmes dans cette association, future fondation, qui doit « contribuer à la rénovation intellectuelle de la gauche en France et en Europe ». En effet, selon Rue89, il y a seulement quatre femmes sur les quinze membres de l’équipe de direction et, lorsque l’on découvre la liste des membres du Conseil d’orientation scientifique, « là c’est la cata » ! L’auteur de l’article reste lucide, « loin de moi l'idée de vouloir donner des leçons (je serais d'ailleurs mal placé pour le faire, les quatre fondateurs de Rue89 étant des hommes) » admet-il. Mais pour lui, « quarante ans après Mai 68, cette galerie de portraits tient du gag. Elle reflète la persistance d'un déséquilibre profond dans le monde intellectuel français ». Et de conclure avec humour, « le haut fonctionnaire qui dirige Terra Nova, fait aujourd'hui face à un vrai défi : comment refonder la gauche en partant d'un club qui ressemble à celui de Blake et Mortimer ? »

Par Christine Burtin Lauthe
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