Pour le maire de Saint-Florentin (89), une femme est « hystérique » lorsqu’elle demande à prendre la parole lors d’un Conseil municipal. D’un homme qui ferait la même demande, pensez-vous qu’on dirait la même chose ? Une femme donc, jeune qui plus est, qui joue son rôle d’élue sérieusement et expose dans une assemblée tel sujet ou demande semble « agresser, énerver et indisposer… pour ne pas dire autre chose ! » (ce sont ses mots) ce maire de commune. Cet « élu » (dont l’élection risque d’être invalidée prochainement du fait qu’il n’habitait pas sur la commune au moment des élections), représentant des valeurs « d’égalité, de fraternité et de liberté » de la République s’est permis (et il semble être coutumier du fait) d’insulter Solène Clech, élue de l’opposition, et raconte-t-elle « Il était en état d’ébullition totale, il m’a traité d’emmerdeuse et a levé la main pour me mettre une baffe avant de me repousser violemment en arrière » Y.R du 26/01/09. .
Et comme toujours dans ce genre de situation (c’est le cas plus généralement pour les violences intrafamiliales ou plus simplement les batteurs de femme) c’est toujours la femme qui est fautive et responsable de la violence de l’homme ; c’est toujours elle qui a commencé ! «J’ai été provoqué, dit-il. C’est une petite nana de 27 ans (je rappelle que cette femme est une élue de la République !) qui est hystérique […]. Je ne peux pas gérer l’hystérie en permanence » se plaint-il dans l’Yonne Républicaine du 26/01/09. Lui « s’exprime » ; elle est « hystérique ». Lui est « maladroit, pas bien embouché, autoritaire… avoue-t-il », elle est « hystérique » ! Mot qu’il répète plusieurs fois comme si il ne connaissait que celui-là pour qualifier une femme qui s’exprime.
Cet incident « anodin » selon lui, pourrait n’être que l’expression d’une crise de machisme (et les femmes en politique, dans l’entreprise ou dans la vie quotidienne y sont confrontées très souvent) ou d’un manque d’intelligence ou d’éducation (d’ailleurs tout est de la faute de sa mère, encore une femme, qui n’a pas été assez sévère avec lui, dit-il !) C’est beaucoup plus grave. Cette façon qu’ont certains hommes (et on l’a constaté aussi à Avallon (89) lors de cette dernière élection cantonale où l’opposant de droite d’Isabelle H. ne se gênait pas pour lui faire des coups bas) d’utiliser des termes qui renvoient l’élue ou la candidate à sa seule féminité, à son sexe comme pour faire oublier ses compétences, son travail et ses résultats, cette attitude dis-je, est le signe du conservatisme et de la réaction (et de la bêtise bien sûr) qui craignent que les femmes, en politique, déplacent les repères établis, changent la norme (bien masculine), bousculent les certitudes et finalement déboulonnent la statue du patriarcat.
De cela, ils ne veulent pas.
Du changement que pourraient apporter les femmes, ils craignent pour leur place. Pour que ce monde change, afin que l’Egalité femme - homme règne, les femmes doivent réclamer leurs Droits et entre autres choses celui d’être respectées. Réclamer dans ce cas, des excuses pour Solène Clech… et pour toutes les femmes qui à travers elle se sont senties insultées dans cette histoire, ainsi qu’exiger des élus que ce type de comportement cesse !
Tout d’abord, BRAVO ! à ceux et celles de gauche qui l’ont emporté sur ceux et
celles de droite grâce à l’avancée de la gauche dans les communes, départements, régions en 2008. Vingt sièges en plus pour le PS alors qu’il en espérait tout au plus une dizaine, c’est bon à
prendre. D’autant que parmi ceux-là, deux sont des élus bourguignons (F. Patriat, président du Conseil régional et F. Rebsamen, maire de Dijon). Encore BRAVO ! Et pourtant, ce vote laisse un
goût amer aux démocrates, aux défenseurs de l’égalité et aux féministes, dont je fais partie. Encore une fois, les intérêts personnels et les stratégies de politique machiste ont pris le pas sur
les beaux discours et les belles résolutions. Car, comme le souligne Marie-Jo ZIMMERMANN, rapporteure générale de l'Observatoire de la Parité, présidente de la Délégation aux droits des femmes et
à l'égalité entre les femmes et les hommes de l'Assemblée nationale « Neuf ans après la réforme constitutionnelle, inscrivant l'objectif d'un égal accès des femmes et des hommes aux
mandats et fonctions électives, force est de constater que dès que la loi ne les contraint pas directement, les partis politiques continuent à adopter des stratégies discriminantes »
Les chiffres sont là : avec les 18 sénatrices élues dimanche 21 septembre 2008, le nombre de femmes s'élève désormais à 75 sur 343, soit 21,8 %. Elles étaient 60 sur 330 précédemment,
c'est-à-dire 18,2 % (l'Assemblée nationale compte 107 femmes sur 577 après les élections législatives de juin 2007, soit 18,5 %). Et les journaux d’oser affirmer que le Sénat est maintenant
rajeuni (le plus jeune est un élu indépendantiste de Polynésie âgé de 34 ans – le doyen élu UMP de l’Essonne âgé de 83 ans) et féminisé. Que diront-ils quand elles seront 50% ou plus ?!
FEMINISE ! Cette société se contente de peu ; les femmes se contentent de peu. Toujours les miettes ou les secteurs dont les hommes ne veulent pas et ceci quel que soit le Parti. Bien
que ! Marie-Jo ZIMMERMANN précise que « La progression du nombre d'élus à gauche bénéficie, toute proportion gardée, aux femmes : parmi les nouveaux élus on compte 13 élues sur 61 à
gauche (soit 21,3%) contre 5 sur 47 à droite (soit 10,6%). Le groupe Communiste Républicain et Citoyen sert seul de modèle en devenant le premier à atteindre la parité, avec 12 femmes et 11