Politique nationale

Jeudi 5 février 2009

La FAVEC (Fédération des Associations de Conjoints Survivants) m’a alertée en janvier sur le fait que l’amendement Marini avait bien été retiré comme je l’ai annoncé (voir article précédent) mais que, sur proposition de Charles de Courson, la commission paritaire n’avait pas rétablie la demi-part comme avant pour toutes les personnes seules ayant élevé un enfant mais seulement pour celles ayant élevé seules un enfant pendant au moins 5 ans ! Et tout cela en décembre, au moment où ces femmes seules étaient sûrement en train de préparer les fêtes pour leurs enfants.

C’est beau ! C’est grand !C’est généreux, ne trouvez-vous pas ?

Comme on les admire ces « grands hommes » qui gèrent en « bons pères de famille » les finances de la France et suppriment la niche fiscale dans laquelle ces « grosses profiteuses de veuves avec enfants » se réfugient en bénéficiant ainsi d’une demi-part fiscale plafonnée à 855 €. Vous rendez-vous compte ! 855 € : c’est inadmissible ; il faut que cela cesse ! Elles doivent payer ! Comme les autres. Tolérance zéro ! Non mais ! Elles n’ont qu’un revenu puisque veuve ? Elles vont payer des impôts ? Les élu-e-s de l’UMP se frottent les mains : la veuve et l’orphelin vont payer. C’est une question d’équité. Et puis, tout le monde doit faire un effort en ces temps de CRISE. Tout le monde…!

Heureusement, l’opposition veille et a encore (pour quelques temps) le droit de déposer elle aussi des amendements et c’est ce qu’elle a fait pour contrer notre « généreux de Courson » et ses ami-e-s de la majorité présidentielle. Voici ce qu’a répondu un sénateur du PS à notre interrogation :


Madame,

L'amendement déposé par Charles de Courson, maintenu dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 décembre dernier par la commission mixte paritaire, supprime le bénéfice de la demi-part fiscale pour l'ensemble des personnes seules - veuves et veufs, parents isolés - n'ayant pas élevé seules un enfant pendant cinq ans, ou ne pouvant en apporter la preuve. S'il allait moins loin que le contenu de l'amendement Marini déposé au Sénat, il n'en demeurait pas moins un véritable coup porté aux familles ayant élevé des enfants. Au cours de l'examen de la Loi de finances rectificative pour 2009, en ce début d'année, les parlementaires socialistes ont déposé à nouveau un amendement […] visant à revenir sur cette situation en rétablissant l'ancienne rédaction de l'article 195 du Code général des impôts. Cet amendement a fait l'objet d'un scrutin public au cours de la séance du 8 janvier dernier à l'Assemblée Nationale, mais les parlementaires des groupes UMP et Nouveau Centre ont rejeté cette proposition pourtant fondamentale pour près de 4 millions de nos concitoyens. Soyez sûre que nous resterons mobilisés sur ce thème…


AMENDEMENT N° 47 présenté par M. Cahuzac, M. Idiart, M. Sapin, M. Emmanuelli, M. Jean-Louis Dumont, M. Carcenac, M. Claeys, M. Cacheux, M. Baert, M. Launay, M. Bourguignon, M. Bapt, M. Balligand, M. Habib, M. Vergnier, M. Muet, M. Nayrou, M. Rodet, M. Gorce, Mme Andrieux, M. Pajon, M. Lemasle, M. Terrasse, M. Philippe Martin et les membres du groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche.


Soutenez-les ! Refusez l’injustice et l’obscurantisme en interpellant votre député UMP ou Nouveau Centre pour lui demander ce qu’il a contre les veuves, et pourquoi il a voté cet amendement de Courson!


Rappelez-lui qu’aux prochaines élections, vous lui demanderez des comptes !


 

Par Christine Burtin Lauthe
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Mardi 3 février 2009

Aux cotés du Planning Familial,
défendons le droit à l'information,
à l'éducation, à la sexualité,
pour toutes et tous.

En diminuant de 42 % dans la Loi de Finances 2009 le montant affecté au conseil conjugal et familial, l’Etat programme à très court terme la suppression totale des actions d’information, d’éducation et de prévention dans les domaines de la sexualité et de la vie de couple et affective.

Par cette décision, l’Etat montre sa volonté d’abandonner les missions qui sont les siennes quant à l’accueil, l’information et la prévention concernant la contraception, la fécondité, la sexualité. Il se désengage, par là, de la préparation des jeunes à la sexualité, à leur vie de couple et à la fonction parentale. Il marque son désintérêt pour les pratiques d’accueil et de conseil, qu’elles soient mises en oeuvre lors d’activités collectives ou d’entretiens individuels.

Ces missions d’utilité publique sont donc très clairement menacées par la baisse des financements, déjà largement insuffisants, alors que la Loi Neuwirth a clairement affirmé le rôle essentiel joué par les associations aux côtés de l’Etat.

Pourtant, dans une société où les relations filles - garçons sont de plus en plus marquées par la violence, où les campagnes nationales de prévention et d’information ont besoin des relais de terrain pour être efficaces, ces missions définies par la loi, plus que jamais, sont primordiales !

450.000 personnes bénéficient chaque année des actions du Planning Familial dans ses 70 associations départementales de Métropole et des DOM. La conséquence de cette brutale démission de l’Etat est la fermeture programmée d’un grand nombre de ces lieux d’accueil individuels et collectifs.

L’Etat doit assurer sa responsabilité nationale pour l’information, l’éducation à la sexualité, et la prévention pour toutes et tous conformément à l’article 1 de la Loi 73-639 du 11 juillet 73.

L’Etat ne doit pas supprimer les lieux d’écoute et de parole, mais les développer.

L’Etat ne doit pas supprimer les interventions collectives, mais les développer.

L’Etat doit donner aux associations qui assurent ces missions, les moyens aujourd’hui nécessaires, pour le développement de leurs activités et de leurs interventions.


Tous ces acquis sont récents, ces droits sont fragiles,
Nous avons lutté pour les obtenir,
luttons ensemble pour les défendre !

Vous souhaitez soutenir Le Planning Familial, signez la pétition.



http://www.planning-familial.org




Par Christine Burtin Lauthe
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Mardi 16 décembre 2008

Suites de l’Amendement Marini et de ses répercussions sur la vie des femmes qui ont élevé seules leurs enfants. Elues de l’Assemblée et du Sénat commencent à réagir. « Les petits ruisseaux font les grandes rivières » ! J’espère que ça ne va pas s’en arrêter là. Je vous tiens au courant.


Dans un communiqué du 10 décembre 2008 la présidente de la délégation du Sénat aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, déplore « l’adoption par le Sénat d’un amendement (amendement du sénateur UMP Philippe Marini au budget 2009) qui prévoit la suppression progressive de la demi-part supplémentaire jusqu’alors accordée aux parents isolés, célibataires, veufs ou divorcés, qui ont élevé seuls leurs enfants ». Michèle André souligne que « les femmes représentent en effet la très grande majorité de ces parents isolés et du fait, notamment, du temps qu’elles ont consacré à l’éducation de leurs enfants, leurs carrières sont le plus souvent incomplètes et moins bien rémunérées que celles des hommes ». Elle estime que « il est tout à fait justifié de leur reconnaître, une fois leurs enfants devenus majeurs, une compensation qui vient prendre en compte le temps qu’elles ont consacré à une activité certes non rémunérée mais cependant indispensable à la société : l’éducation de leurs enfants ». Et d’espérer que « la commission mixte paritaire permette de revenir sur une disposition qui, si elle était définitivement adoptée, pénaliserait principalement des femmes à faibles revenus ». Selon une dépêche de l’Agence France Presse, Marie-Jo Zimmermann, présidente de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale a également diffusé un communiqué. Selon elle, « la suppression de la demi-part fiscale à un parent ayant vécu seul avec un enfant à charge, "au motif que cet avantage fiscal est injuste", relève d'une vision à court terme de ce que signifie élever un enfant ». « Cette mesure touche les familles monoparentales, alors que 30% d'entre elles vivent déjà en dessous du seuil de pauvreté », dit-elle, « la moitié des mères élevant seules des enfants travaillent à temps partiel et ont donc des revenus diminués d'autant ». Et d’ajouter que « cette suppression va pénaliser également les femmes les plus âgées, c'est-à-dire celles qui reçoivent les plus petites retraites ».


Dernière heure: en écoutant la radio ce matin à 7h, j'ai appris la bonne nouvelle.
L'amendement Marini est supprimé!

 

Par Christine Burtin Lauthe
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Jeudi 11 décembre 2008


C’est ce qu’ont dû croire les députés puis les sénateurs quand ils ont voté l’amendement du fameux sénateur UMP Mariani qui supprime la demie part de déduction des impôts aux femmes qui ont élevé seules leurs enfants, ceux-ci n’étant plus à leur charge.


Ça s’est fait dans la nuit de lundi à mardi et les radios nous ont déversé l’information dans l’oreille mardi matin. Pas une réaction ni de la part des députées de tous bords ni de celle des sénatrices, encore moins de celles des députés et des sénateurs. Au contraire ! Tout ce beau monde s’entendait pour traquer cette « niche fiscale », inégalitaire, inconcevable et recadrer tout ça. J’ai même entendu notre sénateur, pas à une bêtise près, dire « cet avantage fiscal poussait même les femmes à divorcer ! » Et bien sûr ! Les femmes seules, divorcées ou veuves avec enfants, sont des « grosses profiteuses » c’est bien connu et il faut que l’Etat s’en occupe ! Il ne s'agit pas aujourd'hui d'opposer les "femmes en couple" et "les femmes seules" ayant élevé leurs enfants mais bien de reconnaître que toutes les femmes sont pénalisées dans leur salaire, dans leur carrière professionnelle lorsqu'elles ont des enfants et que c'est bien pire lorsqu'elles les élèvent seules. Cette disposition de la demie part supplémentaire venait compenser les arrêts de travail nécessaires pour élever les enfants sans conjoint, les faire garder durant les périodes d'emploi, les progressions de carrière moindres, bref, tout ce que l'on connaît déjà sur les effets négatifs des difficultés d'articulation des temps de vie, accentués pour la mère seule. Cette demie part compensatrice, sorte de reconnaissance pour « faits d’éducation » comme il y a les « faits d’arme » de la part de la société, n’était que solidarité et justice.


Cette disposition fiscale peut voir les conséquences se cumuler car un changement de tranche d'imposition lié à une demie part en moins peut entraîner moins d'aides de la CAF (par exemple allocations logements, etc.) et paupériser des femmes qui ont des revenus toujours moindres que les hommes et un revenu familial plus faible lorsqu'elles sont seules.


J’invite chaque femme seule, qui élève ses enfants à regarder de plus près sa feuille d’imposition de l’année dernière et à contacter très vite son député, son sénateur pour lui demander quelles vont être les conséquences réelles du vote de cet amendement sur ses ressources et son avenir.


J’invite chaque citoyen à en faire de même.



Par Christine Burtin Lauthe
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Mardi 28 octobre 2008

Hello, la planète ! A l’Assemblée, on est tous copains !

Un député icaunais de la majorité présidentielle nous fait, comme à son habitude, l’apologie de son boss. Régulièrement, il nous abreuve de mises au point ou de communiqués de propagande vantant l’esprit d’ouverture ou le travail exceptionnel que lui et ses collègues députés de droite font pour soutenir le travail non moins exceptionnel et oh! combien d’ouverture de son omniprésident. Lisant sa "Tribune politique" dans l’Yonne républicaine aujourd’hui, je n’ai pu m’empêcher de réagir devant ce passage de brosse à reluire !


M. Soisson, dans sa Tribune politique du 27 octobre, nous dit qu’il se « réjouit de voir que l’action du gouvernement dans ce qu’elle a de plus essentielle peut être finalement approuvée par l’opposition ». Hormis pour le Grenelle de l’Environnement où le Parti socialiste a voté « Pour » mais où le Parti communiste et les Verts se sont abstenus, pour le RSA et la réponse à la crise financière, le PS s’est abstenu et les Verts et les Communistes ont voté contre ou se sont abstenus également. J’admire le bel optimisme de ce député qui prend pour une « approbation de l’opposition » le fait qu’une fois sur trois un des trois Partis de l’opposition vote « Pour » une loi présentée à l’Assemblée par la droite. Soit nous sommes en présence d’une crise de cécité, soit nous sommes dans une manœuvre de récupération.

L’expérience aidant, je pencherais volontiers pour la deuxième réponse. Car quelle que soit la façon dont la moitié de la France lui exprime son ras le bol, son refus, son rejet ou son désaccord la droite, dont fait partie ce député, continue de plus belle ses réformes en utilisant des méthodes qui nous envahissent et nous submergent, voire nous asphyxient. Ceux-là même qui sont pour le « tout individuel », le « tout libéral », la « libre entreprise » sont les mêmes qui nient l’individu, la richesse qu’il représente et le capital qu’il est pour une société. Aujourd’hui où les milliards partent on-ne-sait-où, cette richesse est la seule qui ne se délocalise pas ou ne se réfugie pas dans les paradis fiscaux.

Lu, lundi dans Libé, à la question de l’institut Viavoice: « Depuis l’élection de N. Sarkozy en 2007, diriez-vous que la situation de la France s’est améliorée, détériorée ou n’a pas changée », 71% des Français répondent qu’elle s’est détériorée et 24% qu’elle n’a pas changé. Ils ne sont que 3 malheureux pourcents à dire qu’elle s’est améliorée. Belle unanimité !

Et pendant ce temps-là, notre député d’Auxerre nous parle de la volonté du Président d’atteindre à une « démocratie apaisée ». Dès lors, qu’ils ouvrent leurs yeux et leurs oreilles et qu’ils descendent de leur planète lointaine. Qu’ils aillent rencontrer les ouvriers et les ouvrières des usines qui sont menacées de fermeture comme Paul Renard à Flogny-la-Chapelle. Qu’ils questionnent les retraité-es sur leurs fins de mois et leur pouvoir d’achat, les jeunes sur l’emploi et le logement et les familles sur les charges en tous genres qui ne font qu’augmenter.

Pour qu’il y ait Démocratie, il faut qu’il y ait pluralisme médiatique, participation des citoyen-nes, égalité devant la loi, expression des diversités, parité à tous les niveaux, indépendance de la Justice… Bref, tout ce qui n’est pas essentiel dans l’action de ce gouvernement et qui ne peut donc pas être approuvé par l’opposition dont je suis.


Sur la planète réalité, jour après jour
Par Christine Burtin Lauthe
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Samedi 13 septembre 2008

 

Les socialistes font un Party1

 

Pas un dîner en ville, en ce moment, d’où l'on ressort avec le blues après qu’un des convives ait lancé la conversation sur les catastrophes sociales, internationales, météorologiques et présidentielles actuelles (sans oublier la venue du Pape) et qu’à l’unisson tous les invités aient renchéri de plus belle. Ça coupe un peu l’appétit et ça gâche la digestion. Comme je suis une fille optimiste et qu’un rien me fait rire, pour nous changer les idées, j’ai décidé de vous raconter l’actualité socialiste à ma façon.

C’est bien connu, les gens de gauche et plus particulièrement les socialistes, sont des gens qui ont de l’humour. En témoigne l’Université d'été de la Rochelle où ils se sont amusés comme des petits fous ! Le Congrès de Reims en novembre et les différentes activités qui vont jalonner sa préparation me font penser à ces grandes fêtes entre ami-es que nous avons tous organisées une fois dans notre vie. On invite des ami-es, on prépare une grosse bouffe ; ça discute, ça refait le monde, ça se dispute un peu, parfois, et dans l’ensemble ça se passe plutôt bien. Pour le Party que les socialistes préparent, c’est pareil à quelques nuances près. Pour la bouffe, par exemple, si on s’est tous mis d’accord sur le plat principal (socialisme, Déclaration de principes, Vivre ensemble, Changement de Secrétaire national…), la difficulté vient du fait que chacun-e a sa recette et son cuisinier-e pour la concocter. Chaque recette étant la meilleure, bien entendu ! Alors, quelques temps avant, on organise des réunions de section, de fédération ; on publie sur le Net, dans des livres, pour discuter de la recette et même du cuisinier-e. Pas question de remettre en cause, le plat principal. Ce sont les ingrédients, l’ordre dans lesquels on les cuisine, le temps de cuisson… bref, toutes ces petites choses qui font la différence, qui sont discutées par les militant-es. Les grands chefs (cuisiniers) pendant ce temps, aiguisent leurs couteaux, comptent leurs marmiton-nes, font et refont leurs recettes en essayant de mettre en avant leurs particularisme et tentent des rapprochements avec ceux et celles qui leur permettront de remporter la « Cuillère d’Or ». Certains d’ailleurs, pour se donner plus de chances et peut-être aussi parce qu’ils manquent de confiance dans leurs recettes ou dans leur prestige personnel, proposent que l’on élargisse les invitations à des « presque nous », genre « cousins-par-alliance ». « On verra ça plus tard , répond la majorité. Quand on aura testé la recette et choisi le bon cuisinier-e, alors on lancera les invitations. Pour le moment, restons entre nous »

Pour ce qui est de l’animation du Party, pas de doute qu’elle sera réussie : petites phrases drôles et assassines, ballets et danses en tous genres, amuse-gueules, serpentins et flonflons…tout y sera. D’ailleurs, toute la presse sera là et vous pourrez participer au spectacle.

« Pourquoi ne ferait-on pas plutôt une petite fête entre nous, à quelques un-es, réclament certain-es ? On aurait l’air moins bête et le résultat serait le même puisque le ou la gagnante semble déjà désigné-e ? » 

Pourquoi ? Mais parce que nous sommes des socialistes et que nous aimons la confrontation, la polémique, les discussions. Nous sommes aussi des démocrates et nous aimons nous sentir libres de nous exprimer et de choisir. Et puis surtout, nous sommes une « grande famille » qui aime se retrouver, se taper sur l’épaule, sentir qu’elle est du même monde, qu’elle a les mêmes racines, la même Histoire.

En attendant, je vais mettre mon tablier et aller jouer les « marmitonnes » dans une de ces réunions préparatoires dans lesquelles nous allons discuter des recettes des un-es et des autres tout en nous confrontant, mais c’est pour la bonne cause. BON APPETIT !

 

1 Party : terme franco-québécois pour désigner une « méga teuf » !

 

 
Par Christine Burtin Lauthe
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Vendredi 5 septembre 2008

 

Avec la rentrée des classes et le retour au bureau des membres du gouvernement, il fallait bien s'attendre à la remise en route de la machine-à-annonces-tonitruantes si régulièrement huilée par notre gesticulant président... Celui-ci étant actuellement bien occupé sur la scène internationale, présidence tournante de l'Europe oblige, ce sont ses auxiliaires qu'il a chargés (temporairement, à l'évidence, personne ne pourra le tenir beaucoup plus longtemps éloigné de nos couvertures de magazines) d'annoncer sa dernière révolution universelle en date, dans le domaine social, une fois n'est pas coutûme.

Et je me demandais qui, de l’UMP icaunaise, allait tirer le premier à propos du RSA. Eh bien, c’est fait : c’est J.P (Bailly) qui s’y colle et avec quel brio ! « Aucun Français qui travaille ne doit gagner moins que s’il ne travaillait pas » Sans rire ! Et pourtant, pour un certain nombre d’entre eux ça fait un moment que ça dure ; mais la droite vient juste d’en prendre conscience, on dirait. Quelle Lapalissade ! Prétendre que Martin Hirsch est le successeur de l’Abbé Pierre, c’est un raccourci, fallacieux de surcroît, qui permet comme d’habitude, de brouiller les cartes et dans ce cas, de servir de sauf-conduit à une politique de gouvernement qui en 2007 donne 15 milliards d’euros aux plus riches grâce au bouclier fiscal et se rachète en 2008 avec le RSA en faisant payer les classes moyennes. Tout cela en ne répondant évidemment pas au problème du pouvoir d’achat et du manque de travail donc du chômage.

Rappelons-nous quand même que toute personne en âge de travailler recherche d’abord un emploi ! Payé normalement et exercé dans des conditions normales. Avoir comme ressources le RMI, l’API, c’est une assistance, une aide, le moyen de survivre avant de retrouver un emploi.

Le RMI à sa création par la gauche était, pour les personnes et les travailleurs sociaux que nous étions, un moyen et un outil pour donner le temps de retrouver un emploi ou de faire un travail d’insertion. Avec le temps, le manque d’emploi et la réduction des moyens de suivi des personnes (l’insertion a besoin de moyens humains et financiers et donc de volonté politique), il est devenu très difficile de sortir du RMI vers l’emploi. Le RSA, que la droite nous présente comme « la » réponse aux « trois millions de travailleurs pauvres », risque lui aussi d’être dans peu de temps une impasse. Si de vrais emplois ne sont pas créés qui remplaceront tous les mi-temps et temps partiels subis ou autres boulots payés au minimum ; SI des embauches ne remplacent pas ces heures supplémentaires, volontaires ou non, que la droite nous vante comme étant la réponse au pouvoir d’achat mais pas à celle du chômage ; SI des moyens en accompagnement ne sont pas fournis aux structures qui devront faire du suivi social et d’insertion ; et SI des formations qualifiantes, des validations des acquis ne sont pas mises en place, par exemple, pour les jeunes et les personnes en API, alors le RSA sera la voie de garage dans laquelle s’engouffreront des femmes et des hommes qui, au départ, ne demandent qu’une chose : tirer des revenus de leur travail.

 

Ne criez pas victoire trop vite, monsieur J.P et autres UMP.

Et surtout, mettez-vous au travail afin que ce RSA soit une vraie réussite, pour tous !

 

 

Par Christine Burtin Lauthe
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Jeudi 19 juin 2008

Le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, a présenté le 11 juin une troisième vague de 73 mesures arrêtées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP). L’une d’elle est la révision du statut du Service des Droits des Femmes et de l’Egalité (SDFE) et, à terme, de sa disparition.


C’est pourquoi, le COLLECTIF « SERVICE DROITS des FEMMES en DANGER » vient d’adresser une Lettre ouverte à Madame Valérie Létard, Secrétaire d’Etat chargée de la solidarité auprès du Ministre du Travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité, publiée sur le site de l’Observatoire de la Parité et dont les signataires sont pour les politiques: Martine Aubry, Marie-Georges Buffet, Corinne Lepage, Ségolène Royal, Dominique Voynet, Laurence Rossignol…, et pour les chercheurs François de Singly (sociologue), Marie-Thérése Lanquetin (juriste, chercheure), Françoise Nallet (Directrice Générale « Retravailler »)…


J’avais fait un papier sur mon blog et dans l’Yonne Républicaine lorsque le gouvernement Sarkozy, au moment de sa création en mai 2007, envoyait un signe fort en nommant un nombre significatif de femmes à la tête de Ministères. J’avais aussi déploré le rattachement du SDFE à la Solidarité et le manque de moyens que cela augurait. Et bien, ça se confirme ! Ce service qui depuis 22 ans assure, quels que soient les gouvernements, la permanence et la continuité des actions en faveur des droits des femmes et de l’égalité se voit menacé par un gouvernement du « paraître et des coups permanents » qui nie le travail de terrain et de proximité nécessaire pour changer et faire évoluer les mentalités. Il ne jure que par la réduction des dépenses au dépend du Service qu’il se doit de fournir à toute la population. Eh oui, les femmes de notre société ont des droits et elles demandent que ce gouvernement les respecte. Que dit cette Lettre ouverte ? …aujourd’hui, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), le Service des droits des femmes et de l’égalité (SDFE), service constitué d’une administration centrale et d’un réseau de déléguées régionales et de chargées de mission départementales, maillon essentiel de l’égalité entre femmes et hommes sur les territoires, voit ses missions diluées et sa disparition programmée.

Je vous invite à aller consulter cette Lettre et à la relayer dans vos réseaux.

http://www.servicedroitsdesfemmesendanger.org/

Par Christine Burtin Lauthe
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Dimanche 8 juin 2008


Normalement, quand on touche au porte-monnaie, ça fait plus mal et c’est plus significatif ! Revue de presse : selon le Parisien / Aujourd'hui en France daté du 4 juin, l’UMP n’encaissera que 13,083 millions d’euros pour les législatives 2007 au lieu de 17 millions d’euros pour avoir présenté en juin 2007 moins de femmes (153) que d’hommes (435). Cette sanction représente une perte de 31% de son financement public explique le quotidien. Toujours selon le Parisien, le PS, qui a présenté 240 candidates pour 291 candidats, ne perd que 500.000 d’euros de financement public (5%) et recevra en tout 10,244 millions d’euros.

Je reprendrais volontiers la remarque de Franco Frattini1 intérrogé par Choisir 2 quand il dit « Quand les droits des femmes avancent c’est l’ensemble de la société qui avance » En politique, ce que les femmes réclament dans la Parité, c’est leurs droits et simplement leur Droit !

 


1 Vice-Président de la Commission européenne, chargé de la Justice, de la Sécurité et de la Liberté.

2 Choisir-La cause des femmes- La clause de l’Européenne la plus favorisée- Ed des Femmes

Par Christine Burtin Lauthe
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Dimanche 1 juin 2008

 

Samedi matin ; café et informations. Yvan Levaï fait sa revue de presse. « A Lille, un mariage a été annulé pour cause de non-virginité » Je monte le son et tends l’oreille « Tollé général après la décision d’un tribunal de Lille, révélée jeudi par Libération, d’annuler un mariage parce que la mariée avait menti sur sa virginité » Le journaliste de radio cite toutes les réactions à cette affaire : E. Badinter, R. Dati, V. Létard et quelques hommes de l’UMP. Je me précipite chez mon libraire pour en savoir plus et acheter le Libé du jour. Trois pages sur « l’affaire » et son contexte législatif et socioculturel.

Permettez-moi d’apporter mon commentaire et de réagir à deux ou trois points de cette histoire. Le premier concerne la situation de cette jeune femme et plus largement celui des filles qui lui ressemblent. Le second la Loi et son caractère rétrograde.

Les jeunes filles des collèges et des lycées que j’ai rencontrées durant la "Consultation Egalité Jeunesse Bourgogne", toutes libérées, modernes et battantes qu’elles sont, témoignent du fait que pour leurs familles et leur communauté, le spectre de la virginité plane sur elles comme le fait aussi celui du mariage. Les deux sont associés et semblent, au moins dans l’imaginaire des familles, aller de paire. Pour la grande majorité des filles françaises, élevées en ville et éduquées en mixité dans l’école de la République, ce passage du statut de fille à femme se passe sans trop de difficulté, chacune s’arrangeant « en famille ». Dans quelques cas, l’archaïsme et l’obscurantisme prévalent et aboutissent à des mariages contraints avec obligation de virginité à la clé. L’article 180 du Code civil sur lequel s’est appuyé le jugement du tribunal de Lille stipule que « s’il y a erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage » La virginité serait vue, dans ce cas, comme « une qualité essentielle de la jeune femme » c’est-à-dire comme un mérite, une valeur ou encore une vertu ! Nous sommes en France et en 2008 ! On croit rêver. Le mari à qui l'on avait présenté sa future épouse comme « une célibataire chaste » ce qui pour lui se traduisait par « vierge », affirme qu’il a été trompé sur « la qualité » et demande « qu’on annule tout » voire qu’on le rembourse pour les dommages subis peut-être comme on le fait pour un frigo ou une voiture. Le journaliste de radio signale que ni la jeune femme ni son avocat ne se sont manifestés. Et pour cause ! Cette publicité ne convient ni à la famille de la jeune femme qui doit « avoir la honte » ni à celle qui maintenant risque d’être pointée du doigt et être « la honte » dans sa communauté. Et pourtant ! De par son attitude, cette jeune femme a fait preuve de modernisme, de détermination et « d’humour ». Et oui ! Obligée de se marier, par sa famille, sa communauté, à un homme dont elle connaissait l’archaïsme et le machisme, puisqu’il réclamait sa virginité, elle a accepté la tractation en sachant qu’elle serait suivie de l’annulation ou du divorce. Elle aurait pu, comme beaucoup d’autres le font, subir une hymenoplastie et endurer pendant des années un mari rétrograde, qui lui aurait peut-être imposé le voile, les grossesses multiples et l’enfermement à la maison. Au contraire, elle a « devant le juge, reconnu qu’elle avait menti et acquiescé à la demande de nullité ». Pour une fois, peut être la seule, je suis d’accord avec Rachida Dati (qui a l’air de parler en connaissance de cause) qui a fait ce commentaire « Le fait d’annuler un mariage est aussi un moyen de protéger la personne qui souhaite peut-être se défaire du mariage, parce que je pense que cette jeune fille (…) a souhaité également, sans doute, se séparer assez rapidement » (Libé) Et on la comprend ! Et on l’approuve ! Et on se dit qu’elle va peut être faire des émules et que demain les annulations de mariage pour « non-virginité » vont se multiplier dans les tribunaux français au bénéfice des jeunes femmes qui, pour un temps, auront trouvé la parade à la contrainte, à l’obscurantisme et à la violence.

Je ne leur souhaite pas cette solution. C’est une solution par défaut. Depuis des années, femmes et hommes de notre société prônent la liberté de choix, l’égalité devant la Loi, le droit des femmes et l’amélioration de leur condition. Cette Loi et son article 180, parce qu’elle nous renvoie à une autre époque, une autre société, nous apparaît rétrograde et régressive. La loi doit signifier la volonté de notre société d’être égalitaire, moderne et progressiste. Il faut donc la changer. Malheureusement, elle ne changera pas les mentalités. Celles-ci changeront parce que des filles et des garçons n’accepteront plus les mensonges, les traditions rétrogrades et imposeront à leurs familles et à leurs communautés le respect, la liberté et l’épanouissement personnel.


 


Par Christine Burtin Lauthe
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